L'AMM ET L'EGLISE DU CONCILE VATICAN II

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PREMIÈRE PARTIE :
VERS L'EGLISE DU CONCILE VATICAN II

Introduction

Je vous propose un court voyage dans l'histoire, dans l'histoire de l'Eglise, pour savoir ce qu'a voulu faire l'Eglise sur elle-même pendant le Concile Vatican II et pour nous arrêter, dans un deuxième temps de cette première partie, sur ce que nous devrions faire dans l'AMM, comme l'a fait l'Eglise.

RECHERCHE ET RÉALISATION D'UNE NOUVELLE EGLISE

Le 25 janvier 1957, à la Basilique de Saint Paul Hors les Murs, Jean XXIII a annoncé la convocation d'un Concile qui a commencé le 11 octobre 1962 au Vatican sous le nom de CONCILE OECUMÉNIQUE VATICAN II.

Si pendant la préparation conciliaire on a réfléchi sur ce que devrait être et ce que devrait faire le Concile, c'est seulement à la fin de la première période que l'on a commencé à entrevoir ce que devrait être le Concile.

Au moment de clore la première période de sessions, le Cardinal Suenens, de Malines, a demandé que le Concile traite de l'Eglise, sur la base de deux idées :

En premier lieu, le Concile doit répondre à la question : Eglise, que dis-tu de toi-même? (Il faut regarder AD INTRA : en quoi consiste sa mystérieuse nature ; son action : allez et enseignez ; c'est pourquoi ces tâches évangélisatrices sont : l'évangélisation, la catéchèse, l'enseignement, la sanctification et la célébration. C'est ce qui sera essentiellement recueilli dans la LG).

En second lieu, la réflexion doit s'orienter AD EXTRA : « l'Eglise dans son dialogue avec le monde ». Et il énumère quelques problèmes sur lesquels le monde attend un mot de l'Eglise : la vie de la personne humaine, la justice sociale, l' « évangélisation des pauvres », la paix internationale et la guerre. (traités surtout dans la GS). La Ecclesia Christi est la Lumen Gentium.

Ces paroles du Cardinal Suenens ont été louées par le Cardinal de Cracovie, Mons. Wojtyla, et ont été recueillies par le Pape Paul VI, nouvellement élu (21 juin 1963), lors de l'ouverture de la deuxième période du Concile (29 -9-1963).

Ce sont là les TROIS IDÉES que Paul VI a proposées au Concile :

•  Dialogue de l'Eglise avec l'homme et le monde (thème central de la Ecclesiam suam)

•  L'Eglise en tant que mystère

•  Le christocentrisme.

A la lumière de ces trois catégories, l'Eglise se décentrait d'elle-même pour se référer :

•  Aux hommes de notre temps, destinataires de sa mission, acceptés comme des êtres libres capables de donner et d'apporter à l'Evangile (le dialogue)

•  A l'origine ultime dans laquelle réside son fondement ultime (mystère trinitaire manifesté dans l'histoire comme dessein de salut)

•  Au fondement historique, fondateur dans le temps [origine] et fondation permanente dans chaque génération et dans chaque âme (Christ).

Ces regards de tous les Pères Conciliaires sur l'Eglise ont rendu possibles tous les documents conciliaires qui ont transformé la vision que l'Eglise avait d'elle-même et par conséquent des autres.

En résumé, nous pouvons dire que le Concile Vatican II est dans son ensemble un Concile ecclésiologique. Selon les mots du Pape Paul VI (7 décembre 1965) :

« L'Eglise s'est efforcée de réfléchir sur elle-même pour mieux se connaître, pour mieux se définir et pour régler en conséquence ses sentiments et ses préceptes. C'est vrai. Mais cette introspection n'a pas été une fin pour elle-même…

L'Eglise s'est recueillie dans l'intimité de sa conscience spirituelle, pour retrouver en elle-même la Parole du Christ, vivante et opérante dans l'Esprit Saint, pour scruter plus à fond le mystère, c'est-à-dire le dessein et la présence de Dieu au-dessus et au-dedans de soi, et pour raviver en soi cette foi… Le Concile s'est très vivement intéressé à l'étude du monde moderne. Jamais peut-être comme en cette occasion, l'Eglise n'a éprouvé le besoin de connaître, d'approcher, de comprendre, de pénétrer, de servir, d'évangéliser la société qui l'entoure. » 

Ce n'est pas l'objet de notre travail d'exposer toutes les matières et les doctrines sur lesquelles le Concile a réfléchi et qu'il a éclaircies et déterminées.

Je présente brièvement quelques points les plus soulignés :

Nous avons dit que l'Eglise a réfléchi sur elle-même et sur sa mission. Mais une Eglise qui n'a pas cessé de regarder Jésus-Christ :

Le Christ, notre principe. Le Christ, notre vie et notre fin…. Que ne plane sur cette assemblée aucune autre lumière que celle du Christ, lumière du monde ; qu'aucune autre vérité n'attire notre courage en dehors des mots du Seigneur, l'unique Maître ; qu'aucune autre aspiration ne nous anime si ce n'est le désir de lui être absolument fidèles ; qu'aucune autre espérance ne nous soutienne si ce n'est celle qui réconforte, à travers sa parole, notre faiblesse angoissante : ‘Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde' (Mt. 28,20) » (Paul VI, début de la 2 e période conciliaire)

Cette Eglise qui célébrait Jésus-Christ, le Fils de Dieu, se présente à nous comme un MYSTÈRE en lien avec la Trinité. A partir de cette vision historico salvifique et trinitaire, le Concile situera la mission de l'Eglise au cœur du plan salvifique de Dieu, ce qui lui permet d'affirmer que l'Eglise est de nature missionnaire et que tous les membres du Peuple de Dieu doivent assumer leur responsabilité.

L'ordre des chapitres de la LG, « épine dorsale » du Concile, a représenté une authentique « déclaration d'intentions », car ce ne sera pas la Hiérarchie (c. III) qui occupera la première place dans le mystère de l'Eglise sinon tout le Peuple de Dieu (c. II).

Concernant les Laïcs, le Concile ne s'est pas contenté de les insérer dans une Eglise en même temps mystère de communion et Peuple de Dieu. En plus de donner la primatie au « simple » fait d'être disciple du Christ par le Baptême, les Pères Conciliaires ont voulu établir une définition du « laïc » qui inclurait l'affirmation de leur condition de membre de l'Eglise avec ses droits et ses devoirs dans la communauté ecclésiale à travers leur participation, par le BAPTÊME, de la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ. C'est-à-dire, que par le premier Sacrement, le laïc reste existentiellement et inséparablement uni à Jésus-Christ. Le baptisé devait sortir de l'anonymat pour devenir protagoniste dans l'histoire de l'Eglise.

PAROLES et PROVOCATION POUR L'AMM

Après ce court parcours sur le souhait et la conquête d'une nouvelle conscience de l'Eglise, je signale certains aspects qui devraient nous faire réfléchir sur la façon dont l'AMM aussi doit se regarder elle-même et regarder l'environnement qui l'entoure.

Dans les prochaines lignes, je propose un aspect sur lequel s'est arrêté le Concile Vatican II et l'invitation qui est faite à l'AMM :

Récupérer l'importance de la Parole,

- A un certain moment, l'AMM a donné plus d'importance aux actes de piété qu'à la Parole de Dieu. C'est la Parole de Dieu qui doit conserver la piété, la dévotion et l'apostolat de l'AMM.

Invitation à la Sainteté, vocation commune des fidèles

- L'AMM, chemin de Sainteté, en suivant Jésus, à partir de l'amour de Marie et du service du Pauvre.

Ouverture de l'Eglise à l'action des laïcs compte tenu de leur vocation et de leur mission commune.

- Responsabilité des associés de l'AMM dans la vie et la mission de l'Eglise.

Décentrer l'Eglise pour la centrer et la comprendre dans le mystère du Dieu Un et Trine

- L'AMM vivant le don de Dieu.

L'Eglise redécouvre Marie comme figure de l'Eglise, fille de l'Eglise

- L'AMM doit dépasser la tendance à sortir Marie de l'Eglise, à l'isoler du peuple de Dieu.

Valorisation des différentes vocations dans l'Eglise

- Notre vocation laïque dans l'Eglise à partir de l'AMM pour être lumière des familles et de la société séculière.

L'Eglise, comme charisme et sacrement de l'unité

- L'AMM et sa dévotion à Marie, mère de tous, appelée à être moyen d'union dans la famille vincentienne.

L'Eglise, « peuple de Dieu »

- L'AMM doit vivre la réalité de « peuple » : Evêques, religieux, laïcs. Pas seulement des femmes, des hommes également. Pas seulement des adultes et des personnes âgées, des jeunes aussi.

L'Eglise dans le monde et pour le monde, non pas séparée

- Dans la réalisation de la mission, l'AMM, doit exercer son activité davantage au sein du monde qu'à l'intérieur de la communauté ecclésiale.

Le Baptême, sacrement de l'initiation chrétienne, itinéraire de foi.

- L'AMM, non pas simple dévotion, chemin de foi pour connaître et vivre les exigences baptismales.

L'AMM ET L'EGLISE DU CONCILE VATICAN II

DEUXIÈME PARTIE: 

VOCATION ET MISSION DU LAÏC 

Une fois que nous avons vu le souhait de l'Eglise de savoir qui elle est et pour qui elle existe et les questions que cela suscite pour l'AMM, en suivant ce que l'Eglise a pensé d'elle-même, réfléchissons maintenant sur ce qu'elle souhaite que tout baptisé réalise, personnellement et en communauté (c'est-à-dire : groupe, association, mouvement..).

L'Eglise née du Concile Vatican II a continué à réfléchir sur elle-même et sur sa mission dans le monde. Elle l'a fait à travers des réflexions, comme l'exhortation de Paul VI, «  Evangelii Nuntiandi » (l'Evangélisation dans le monde moderne) et l'Encyclique de Jean Paul II « Redemptoris Missio » (La Mission du Rédempteur) et le grand nombre de Synodes d'Evêques. Rappelons-en deux :

•  1985, 20 ans après la clôture du concile : « L'Eglise, guidée par la Parole de Dieu, célèbre les mystères du Christ pour le salut du monde ».

•  1987: « V ocation et mission des Laïcs dans l'Eglise et dans le monde vingt ans après le Concile Vatican II », qui a produit l'exhortation Christifideles Laici de Jean Paul II.

Rappelons également la préparation de l'année jubilaire (2000) avec trois ans de célébrations, annoncées dans la NMA et lors de la conclusion de ce jubilé avec la TMI.

Les différentes Eglises locales ont également réalisé de nombreuses réflexions très importantes pour comprendre le visage et la mission que doit avoir l'Eglise dans les continents. Rappelons les Synodes par Continent et les Conférences de l'Episcopat Latino-américain, comme celles de Medellin ou Puebla qui ont influencé le reste de l'Eglise.

Tous ces événements et ces réflexions ont rendu possible une meilleure connaissance de ce que l'Eglise est et ont permis qu'elle change de visage.

Dans cette deuxième partie, je compte vous proposer une réflexion qui aide notre AMM à se centrer sur la nature et la mission des Laïcs dans cette Eglise née avec plus de force et de clarté du Concile Vatican II. Ce sont les apports de la réflexion. J'utilise les mots mêmes de la ChL:

« Je suis la vigne, vous les sarments ». LA DIGNITÉ DES FIDÈLES LAÏCS DANS L'EGLISE – MYSTÈRE.

Tous, sarments de l'unique vigne. LA PARTICIPATION DES FIDÈLES LAÏCS DANS LA VIE DE L'EGLISE - COMMUNION

Je vous ai destinés pour que vous alliez et que vous portiez du fruit. LA CORESPONSABILITÉ DES FIDÈLES LAÏCS DANS L'EGLISE - MISSION

LA DIGNITÉ DES FIDÈLES LAÏCS

DANS L'EGLISE - MISSION

I.1. DIGNITÉ

Le laïc est un baptisé. C'est la plus belle chose que nous puissions dire du Laïc.

Dans leur message au Peuple de Dieu (1987), les Pères synodaux affirment :

" Nous avons essayé d'approfondir l'identité du chrétien laïc, sa dignitié et ses responsabilités. Tous les chrétiens, prêtres et religieux, ont une même dignité étant donné qu'ils sont "un seul peuple réuni dans l'unité du Père, du Fils et de l'Esprit Saint". Cette dignité jaillit du Baptême, grâce auquel la personne est incorporée au Christ et à la communauté ecclésiale et est appelée à une vie de sainteté."

La DIGNITÉ du laïc réside dans son Baptême, sacrement de foi, source de la radicale nouveauté chrétienne, non pas dans ce qu'il réalise dans l'Eglise ou dans le monde. Par le Baptême, il s'incorpore au Christ et à l'Eglise, formant une communauté avec tous ceux qui croient en Jésus. C'est-à-dire que «  c' est seulement à l'intérieur du mystère de l'Eglise comme mystère de communion que se révèle «l'identité» des fidèles laïcs, leur dignité originelle. Et c'est seulement à l'intérieur de cette dignité que peuvent se définir leur vocation et leur mission dans l'Eglise et dans le monde » (ChL 8)

Lorsque le Concile Vatican II a présenté l'Eglise comme le Peuple de Dieu formé par tous les chrétiens, appelés également à la sainteté et participants, en vertu de leur Baptême, de la triple condition prophétique, directrice et sacerdotale de Jésus-Christ, il s'est produit une « nouvelle vision du Laïc ».

Nous sommes face à une Eglise qui est avant tout Peuple de Dieu ; et ce peuple de Dieu se dédouble dans sa structure en « Ministère de direction » (Pape, Evêques, Prêtres comme collaborateurs des Evêques) et en d'autres chrétiens, ou Laïcs. Et tout comme le ministère de l'Evêque est dans le Peuple de Dieu, avec la caractéristique propre du charisme de direction, le Laïc a son charisme propre : «  les fidèles qui, après avoir été incorporés au Christ par le baptême, ont été associés au Peuple de Dieu et rendus à leur manière participants de l'office sacerdotal, prophétique et royal du Christ, et qui exercent pour leur part la mission dévolue au peuple chrétien tout entier dans l'Eglise et dans le monde. Le temporel est un domaine propre aux laïcs et qui les caractérise.

Il revient aux laïcs de chercher le royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu. » (LG. 31, GS.43).

Ces textes de l'Eglise évoquent déjà des nouveautés par rapport à la théologie vécue avant le Concile Vatican II :

La source de la dignité du chrétien est le Baptême ; celui qui occupe la première place dans le mystère de l'Eglise, c'est tout le Peuple de Dieu et non la Hiérarchie. C'est ce que laisse entendre l'ordre des chapitres de la LG.

L'Eglise toute entière a une seule et même mission, et le laïc y participe de plein droit. Le Laïc ne prend pas part à la mission de la Hiérarchie, mais il exerce sa mission avec sa caractéristique particulière, bien que tous, Hiérarchie et Laïcs, partagent l'unique mission du Christ.

Etre laïc, c'est avoir pour Maître le Seigneur de la vie et ne pas être le bras exécuteur des décisions de la Hiérarchie. Le laïc ne se définit pas par son appartenance à un groupe ecclésial mais par son appartenance à Dieu, dans l'Eglise.

I.2. BREF HISTORIQUE SUR LA RÉALITÉ « LAÏQUE » 

Le Nouveau Testament n'utilise pas le terme « Laïc », mais KLERÓS (l'ensemble de la Communauté) et « LAÓS » (« peuple choisi », réuni pour le culte divin).

La distinction qui existait dans l'Eglise primitive n'établissait de différence entre Clergé et Laïcs, mais entre Baptisés (Chrétiens) et non baptisés, entre ceux qui pouvaient participer à l'Eucharistie parce qu'ils avaient accueilli Jésus comme le Messie et ceux qui n'avaient pas cette foi au Dieu de Jésus.

Tous les baptisés se considèrent élus pour un service ou un ministère même si tous ne font pas la même chose au moment de l'exécution. Les responsables d'un service ne se trouvent pas non plus dans une condition privilégiée, étant donné que la seule hiérarchie reconnue est la Sainteté.

Dans l'Eglise même du Nouveau Testament, une certaine rupture se produit sous l'influence du paganisme et de l'Ancien Testament, par rapport à la « Sacerdotalisation des Ministères ». C'est ainsi que naît une classe de personnes, le CLERGÉ, qui se distingue des autres par la possession de certains pouvoirs en tant que gestionnaire du sacré dans l'intérêt du peuple. Ils seront « pontifes ». Le peuple sera le destinataire des services religieux administrés par le Clergé.

Cette rupture s'agrandit avec la naissance de la vie monacale (s. IV) et de la Vie Religieuse par la suite. Les masses sont entrées dans l'Eglise sans avoir réalisé le processus d'une véritable conversion à l'Evangile et les Moines pensent qu'eux seuls peuvent le vivre de façon parfaite. D'où le fait qu'ils considèrent les Laïcs comme des sujets passifs, destinataires ou récepteurs des services et des soins des Religieux et du Clergé.

Avec le Concile Vatican II, il se produit un revirement radical de cette situation lorsque l'Eglise est présentée comme le Peuple de Dieu, la Communauté, formée par tous les chrétiens, appelés également à la sainteté et participants, en vertu de leur Baptême, de la triple condition prophétique, directrice et sacerdotale de Jésus-Christ, dépassant une conception de l'Eglise centrée sur la Hiérarchie comme sujet unique de l'action missionnaire.

Lorsque le Concile accepte que le chapitre dédié au Peuple de Dieu précède celui de la Hiérarchie dans le schéma de la L.G., Congar dira : « C'est le passage prophétique le plus décisif de l'Ecclésiologie qui reconnaît la primatie de la qualité de chrétien, ou l'ontologie de la grâce inaugurée par le Baptême, sur toute structure hiérarchique. » 

La dernière prise de position du magistère sur le Laïcat est l'exhortation de Jean Paul II « Christifideles Laici » (1988), fruit du Synode de 1987. Elle reconnaît le caractère réellement sacerdotal de tous les baptisés, des laïcs « aussi ».

Le contenu de la ChL souligne les aspects positifs de la réalité théologique du laïc :

Sa pleine appartenance à l'Eglise et à son mystère (8)

Le fait d'être réellement Eglise (9)

Importance du Baptême et de la nouveauté chrétienne (10)

Sa participation au ministère, à l'office, sacerdotal, prophétique et royal du Christ (14)

Dimension séculière de l'Eglise elle-même (15)

Validité des ministères et des nouveaux charismes (21)

LA PARTICIPATION DES FIDÈLES LAÏCS A LA VIE DE L'EGLISE – COMMUNION 

La ChL a utilisé l'image de la vigne pour décrire le mystère de l'Eglise comme un mystère de Communion. Et elle avertit que :  

«  Les fidèles laïcs ne sont pas simplement les ouvriers qui travaillent à la vigne, mais ils sont une partie même de la vigne. » (8).

L'image de la vigne ne parle pas seulement de l'intimité des disciples avec Jésus, mais de la communion vitale des disciples entre eux : tous sont sarments de l'unique vigne. Et cette communion se fait visible dans l'Eglise, communauté de croyants. Elle est mystère de communion « parce que l'amour et la vie du Père, du Fils et de l'Esprit Saint sont le don absolument gratuit offert à tous ceux qui sont nés de l'eau et de l'Esprit (cf. Jn 3, 5), appelés à vivre la communion même de Dieu, à la manifester et à la communiquer dans l'histoire » (ChL. 8d). 

II.1. SENS DE L' « ECCLÉSIOLOGIE DE COMMUNION » 

II.1.1. Que signifie Communion ? 

« Que signifie donc ce mot complexe de "communion"? Il s'agit fondamentalement de la communion avec Dieu par l'intermédiaire de Jésus-Christ, dans l'Esprit Saint. Cette communion s'obtient par la parole de Dieu et par les sacrements. Le Baptême est la porte et le fondement de la communion dans l'Eglise. L'Eucharistie est la source et le sommet de toute la vie chrétienne. La communion au Corps eucharistique du Christ signifie et produit, en d'autres termes édifie, l'intime communion de tous les fidèles dans le Corps du Christ qui est l'Eglise » (ChL. 19 a). 

Voilà pourquoi nous pouvons dire que l'Ecclésiologie de Communion est un « projet d'Eglise » qui renferme les aspects suivants :

•  La communion Intratrinitaire comme modèle régulateur des relations humaines et comme principe interne, fondateur de l'Eglise (cf. LG 2-4)

•  Le passage de l'Eglise société à une Eglise communauté

•  La relation entre une Eglise universelle et les Eglises particulières

•  La participation responsable du peuple de Dieu à la vie de l'Eglise comme expression des différents charismes et ministères.

II.1.2. Richesse et polyvalence de la notion de Communion

Le Synode extraordinaire de 1985 (20 ans après la fin du Concile) a déplacé la catégorie PEUPLE DE DIEU, qui prédomine dans la LG, et s'est centrée sur la COMMUNION, catégorie utilisée dans la ChL.

L'Ecclésiologie de communion est le fondement de la relation correcte entre unité et pluralité, qui est liée à la doctrine de la participation et de la coresponsabilité de tous les fidèles, intégrant ainsi tous les aspects d'une ecclésiologie du peuple de Dieu. 

II.1.3. La communion ecclésiale, DON et TÂCHE :

* C'est un DON : un grand don de l'Esprit Saint; les fidèles sont invités à le recevoir avec reconnaissance et, en même temps, à vivre avec un grand sentiment de responsabilité (ChL. 20 d).

* et c'est une TÂCHE que le laïc est appelé à développer en participant à la mission de l'Eglise à travers les différents charismes et ministères.

II.2. VOCATION DU LAÏC DANS L'EGLISE COMME « MYSTÈRE DE COMMUNION » 

II.2.1. Centralité du Baptême 

Tous les baptisés partagent le caractère sacerdotal du Christ. C'est là que résident les aspects positifs de la réalité théologique du laïc : sa participation au sacerdoce du Christ, sa pleine appartenance à l'Eglise et son ministère. Selon la ChL. 15 a : «  En vertu de cette dignité baptismale commune, le fidèle laïc est co-responsable, avec tous les ministres ordonnés et avec les religieux et les religieuses, de la mission de l'Eglise. »

Il est bon de rappeler que partager la mission de l'Eglise ne signifie pas la même chose que partager la mission du Prêtre.

Tous les baptisés partagent le triple munus du Christ :

Tout comme les prêtres et les religieux partagent ce triple munus, mais chacun de façon particulière, parce que toutes les vocations dans l'Eglise sont complémentaires, «  Participant à la fonction du Christ Prêtre, Prophète et Roi, les laïcs ont leur part active dans la vie et l'action de l'Eglise. Dans les communautés ecclésiales, leur action est si nécessaire que sans elle l'apostolat des Pasteurs ne peut, la plupart du temps, obtenir son plein effet. » (AA 10)

Soulignons, une fois de plus, la « dimension de l'unité » selon la profondeur de la vocation chrétienne, à partir de laquelle surgissent les différents charismes et ministères dans l'Eglise et la « multiplicité des spiritualités ». Nous sommes tous chrétiens et baptisés dans l'Eglise ; nous partageons tous le sacerdoce commun de Jésus-Christ et nous appartenons en amour et en liberté au royaume de la grâce ; nous appartenons tous à l'unique peuple de Dieu, dans lequel nous sommes cimentés, unis, transformés, mais chacun de nous le réalise à partir de sa condition laïque, cléricale ou religieuse.

Les Laïcs partagent le triple munus à partir de leur « nature séculière ».

L'exhortation (ChL. 15 b-c,f) proclame que ce qui est propre au laïc, c'est la dimension séculière de sa mission :

«  C ette dignité baptismale commune revêt chez le fidèle laïc une modalité qui le distingue, sans toutefois l'en séparer, du prêtre, du religieux, de la religieuse. (…) une authentique dimension séculière, inhérente à sa nature intime et à sa mission, dont la racine plonge dans le mystère du Verbe Incarné, et qui s'est réalisée sous des formes diverses pour ses membres (...), du caractère séculier à la lumière du dessin salvifique de Dieu et du mystère de l'Eglise (...) tous les membres de l'Eglise participent à sa dimension séculière; mais cela de façons diverses. En particulier la participation des fidèles laïcs a une modalité de réalisation et de fonction, qui, selon le Concile, leur est «propre et particulière»: c'est cette modalité que l'on désigne du nom de «caractère séculier.» 

II.2.2. Les Laïcs dans le monde

Ordonner et illuminer les réalités temporelles.

« De par leur vocation propre, il revient aux laïcs de chercher le royaume de Dieu en administrant les choses temporelles et en les ordonnant selon Dieu. » (LG 31)

En plus du mot laïc, nous utilisons le terme SÉCULIER pour désigner le baptisé, à l'exclusion des prêtres et des religieux. Nous disons séculier à cause de sa relation avec le saeculum. Les laïcs vivent dans le siècle; ils ont une vie familiale et sociale, ils exercent leur profession et ils contribuent à la sanctification du monde comme un ferment. D'où le fait que «  C'est à eux qu'il revient particulièrement d'illuminer et d'ordonner toutes les choses temporelles auxquelles ils sont étroitement liés  » (LG 31)

La « sécularité » du laïc : dimension « théologique » et non sociologique. (cf. ChL 15)

Le propre du laïc n'est pas la matérialité de tout ce qui forme son « caractère séculier », mais l'instauration dans le monde du Royaume annoncé par Jésus, l'organisation de toutes les réalités temporelles ou séculières conformément au dessin salvifique de Dieu et la promotion des valeurs qui donnent forme à une société chrétienne : la paix, la justice, la liberté, la vie civique en commun, le sens de la famille qui accueille et partage, la responsabilité citoyenne et du travail, l'attention aux plus pauvres, aux démunis de notre société, etc.

En fonction de cela, le caractère séculier du laïc, comme « lieu » de sa vocation chrétienne et ecclésiale doit être vu comme un concept théologique et non sociologique. C'est le lieu où se réalise sa dimension ecclésiale et apostolique sous l'action de l'Esprit qui suscite en chacun les dons ou charismes pour l'édification de la communauté. Ce qui identifie ou spécifie le baptisé, ce n'est pas le fait d'être ou de ne pas être prêtre, mais la fonction/vocation qu'il assume, en étant dans le monde, dans la communauté chrétienne, comme membre de l'Eglise et pour l'édification du Corps du Christ.

Comment devons-nous regarder « le monde » ? (« Nouveau » regard sur le monde)

L'Eglise est don de Dieu en faveur du monde. Bien plus : l'Eglise est monde. Nous ne voulons pas dire : monde pécheur en opposition au Christ, la grâce, mais que l'Eglise est monde comme famille humaine, comme création de Dieu, comme réalité à racheter et à sanctifier.

Et si le monde ne s'identifie pas avec l'Eglise, celle-ci ne peut pas non plus regarder du dehors ou à partir d'une position de domination. Elle doit se regarder comme un don de Dieu en faveur du monde. Elle pourra être incomprise ou rejetée, mais elle ne cessera jamais d'être don ou cadeau pour le monde et sous forme mondaine » (E. Bueno, 275)

Dans l'histoire, il y a eu ce paradoxe :

Le monde s'est senti comme non-Eglise

Le monde a considéré l'Eglise hors de son environnement et pour cela précisément il a voulu se donner forme en tant que monde face de l'Eglise.

L'éloignement entre Eglise et monde a été abordée par le Concile dans la LG et la GS. Et ainsi, après des siècles de méfiance et d'incompréhension – quand il ne s'agissait pas d'affrontements – a surgi une nouvelle façon de regarder la réalité humaine avec des yeux chrétiens : les réalités terrestres, le travail, l'histoire, le progrès… voyaient reconnaître leur importance théologique et leur signification sotériologique.

II.2.3. Le Laïc dans l'Eglise

« Le Laïc, membre de l'Eglise qui vit dans le monde ».

La vocation du laïc ne se définit pas seulement par sa situation dans le monde, mais par sa situation dans l'Eglise, par sa condition de membre de l'Eglise et donc par ce qu'il apporte en tant que tel à son poste dans le monde.

En fonction de cela, le séculier ne doit pas s'occuper seulement de sa situation dans le monde, mais il doit ajouter également ce qu'il est dans l'Eglise et ce qu'il offre, depuis l'Eglise, à son poste dans le monde et qui est déterminé par son existence chrétienne elle-même.

Le séculier, fils de Dieu, contribue à l' « épiphanie » de l'Eglise.

Nous savons que le laïc prend part à la vie de l'Eglise : à sa vie sacramentelle, à la sainteté, à la participation dans les différentes tâches d'évangélisation, etc. Mais nous ne devons pas oublier que par sa vie de chrétien dans le monde, il fait partie de la manifestation de l'Eglise et contribue à ce que l'Eglise soit toujours ce qu'elle est et ce qu'elle doit être : la présence spatio-temporelle, vérifiable historiquement, de la grâce rédemptrice de Dieu en Jésus-Christ.

Le séculier, porteur de charismes.

A côté de sa structure et de son organisation hiérarchique, l'Eglise vit aussi l'expérience de la communication de l'Esprit sous forme de charismes (1 Co. 12, 4-31; Rom. 12, 6-8). Ceux-ci ne sont privatifs d'aucun groupe. Les séculiers peuvent également être porteurs de Charismes. Et le séculier qui est porteur d'un charisme ne cesse d'être séculier ni ne perd sa situation dans le monde.

Il revient à la Hiérarchie de découvrir l'Esprit et de le développer là où il n'agit pas : elle a le devoir et la capacité de discerner les esprits ou charismes. Et le séculier qui est porteur d'un charisme ne cesse d'être séculier ni ne perd sa situation dans le monde.

En suivant la description faite par la Christifideles Laici 24, nous soulignons que :

Les charismes sont toujours des grâces de l'Esprit Saint et ont une utilité ecclésiale, car ils sont ordonnés au bien des hommes et aux besoins du monde.

Ils doivent être accueillis avec gratitude, aussi bien par le bénéficiaire que par toute l'Eglise, car ils sont une richesse de grâce pour la vitalité apostolique et pour la sainteté de tout le corps du Christ.

Au sein de la multiplicité des charismes, et en pensant au laïc, il faudrait souligner aujourd'hui le charisme de l'insertion dans le monde (le « caractère séculier »), de l'action sociale, du travail, de l'engagement politique, le pacifisme, la recherche écologique et les nouvelles formes de service (R. Berzosa).

II.3. « APPELÉS A LA SAINTETÉ » 

II.3.1. « Vocation universelle à la Sainteté » 

Nous savons que l'appel universel à la sainteté est l'une des constantes du Concile Vatican II (LG chap. 5, nº 39-42).

L'appel à la sainteté appartient au cœur de la vocation du laïc.

«  La dignité des fidèles laïcs se révèle à nous dans sa plénitude si nous examinons la vocation première et fondamentale que le Père offre en Jésus-Christ par l'intermédiaire de l'Esprit à chacun d'eux: la vocation à la sainteté, c'est-à-dire à la perfection de la charité. Le saint est le témoignage le plus éclatant de la dignité conférée au disciple du Christ » (ChL 16 a) 

La vocation à la sainteté plonge ses racines dans le Baptême et exige de tous les baptisés : «  L e désir et l'exigence de suivre et d'imiter Jésus-Christ, en accueillant ses Béatitudes, en écoutant et méditant la parole de Dieu, en participant de façon consciente et active à la vie liturgique et sacramentelle de l'Eglise, en s'adonnant à la prière individuelle, familiale et communautaire, en s'ouvrant à la faim et à la soif de justice, en pratiquant le commandement de l'amour dans toutes les circonstances de la vie et dans le service auprès de leurs frères, spécialement de ceux qui sont humbles, pauvres et souffrants . » (ChL 16 f)

Lorsque le Concile parle de la sainteté dans les différents états à partir de la perspective existentielle et théologale, il dit :

« En divers genres de vie et parmi des occupations différentes, c'est une unique sainteté que cultivent ceux qui sont mus par l'Esprit de Dieu… Chacun doit, selon ses capacités et sans aucune hésitation, s'engager dans la voie de la foi vive qui éveille l'espérance et opère par la charité (LG 41)

II.3.2. Urgence de la sainteté pour le renouveau évangélique de la vie chrétienne 

« Il est aujourd'hui plus urgent que jamais que tous les chrétiens reprennent le chemin du renouveau évangélique, recevant avec générosité l'invitation de l'Apôtre à «être saints dans toute la conduite» … Les saints et les saintes ont toujours été source et origine de renouvellement dans les moments les plus difficiles de l'histoire de l'Eglise.» (ChL, 16c)

II.3.3. La sainteté est possible dans un monde sécularisé

Le Synode extraordinaire des Evêques (1985), dont participe postérieurement la ChL, a beaucoup insisté sur ce que nous venons de souligner.

Il constate la sécularisation:

"Parmi les signes des temps, il faut faire particulièrement attention au phénomène de la sécularisation…Elle consiste en une vision robotisée de l'homme et du monde qui fait abstraction de la dimension du mystère, la néglige ou la nie même. Cette immanentisme est une réduction de la vision intégrale de l'homme qui ne conduit pas à sa vraie libération, mais à une nouvelle idolâtrie, à l'esclavage des idéologies, à la vie dans les structures étroites et souvent oppressives de ce monde" (II A, 1a)

Au milieu de cette sécularisation, il existe un besoin du sacré et un désir de sainteté :

"En ce moment précis où beaucoup d'hommes font l'expérience d'un vide intérieur et d'une crise spirituelle, l'Eglise doit conserver et promouvoir avec force le sens de la pénitence, de la prière, du sacrifice, de l'oubli de soi, de la charité et de la justice" (II A, 4).

Jean Paul II a proposé à l'Eglise et au monde un grand nombre de chrétiens, et de laïcs, qui ont pleinement vécu l'idéal de la Sainteté. Et il la considère tellement nécessaire dans l'Eglise qu'il a proposé la Sainteté comme axe central, fondement de la programmation pastorale dans laquelle nous nous engageons au début du nouveau millénaire . (NMI 31)

Les nouveaux mouvements, les communautés de Laïcs font l'effort de proposer à leurs membres la sainteté comme un idéal accessible. De plus, non pas de façon individuelle mais collective.

III. CORESPONSABILITÉ (mission)

DES FIDÈLES LAÏCS DANS L'EGLISE - MISSION 

La vocation du Laïc est inséparablement unie à la Mission. La ChL parle de la « coresponsabilité des fidèles laïcs dans l'Eglise – mission », en partant de la communion avec Jésus, comme des sarments pour donner du fruit, et de la communion des chrétiens entre eux, qui devient communion missionnaire : « Je vous au établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn. 15, 16)

«  La communion et la mission sont profondément unies entre elles, elles se compénètrent et s'impliquent mutuellement, au point que la communion représente la source et tout à la fois le fruit de la mission: la communion est missionnaire et la mission est pour la communion. C'est toujours le même et identique Esprit qui appelle et unit l'Eglise et qui l'envoie prêcher l'Evangile «jusqu'aux extrémités de la terre » ( Ac 1, 8). De son côté, l'Eglise sait que la communion, reçue en don, a une destination universelle… La mission de l'Eglise dérive de sa nature même, telle que le Christ l'a voulue: celle d'être «le signe et le moyen... de l'unité de tout le genre humain». Cette mission a pour but de faire connaître et de faire vivre par tous la «nouvelle» communion qui, par le Fils de Dieu fait homme, est entrée dans l'histoire du monde. » (ChL 32)

Jean Paul II a convoqué TOUS les fidèles à la « communion missionnaire » pour « annoncer l'Evangile » à tous les hommes, en servant toutes les sociétés et toutes les personnes. Ce service se concrétise dans la promotion d'une série de valeurs évangéliques, humaines, familiales, culturelles, sociales et religieuses, qui donnent forme à l'ordre temporel conformément au plan de Dieu (cf. ChL 33-34).

III.1 COMMUNION ET MISSION

III.1.1. D'une ecclésiologie de communion à une ecclésiologie de mission

Point de départ :

La communion et la mission sont profondément unies entre elles, elles se compénètrent et s'impliquent mutuellement parce que Communion et mission sont unies à la personne de Jésus. (Jean Paul II).

Le contenu de la mission chrétienne est l'événement de Jésus-Christ dans sa réalité historique et dans son mystère pascal. Cet événement dépasse le temps et sort à la rencontre de chacun de nous. C'est un événement qui appelle la liberté humaine à se dépasser, à sortir de soi, pour se réaliser dans un don total de soi en accueillant Jésus-Christ dans son mystère pascal.

Nous ne pouvons pas séparer le laïc, sujet de la mission, de cet événement de la mission, c'est-à-dire de l'événement Jésus-Christ, source de la liberté humaine. Sinon, nous finissons par réduire le contenu évangélique à une série d'énoncés intellectuels ou d'exercices de piété ou de comportements éthiques. Nous séparerions foi et vie.

Jésus est l'envoyé du Père pour le salut du monde qui agit par le don de l'Esprit Saint. La personne-mission du laïc prend forme dans l'horizon de la personne-mission de Jésus.

Ecclésiologie de Communion – Mission

Il n'y a pas de plus grand témoignage de foi que celui qui se fonde sur le mystère pascal du Christ. En Lui se fonde et prend vraiment corps la mission des Apôtres, témoins de la mort et de la résurrection du Christ. Ici, ecclésiologie de « Communion » et ecclésiologie de « mission » s'intègrent mutuellement comme le dit 1 Jean 1-4 : « Ce qui était dès le commencement, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, ce que nos mains ont touché… nous vous l'annonçons afin que vous aussi soyez en communion avec nous »..... 

En plus d'assurer la permanence de l'événement Christ, la COMMUNION devient un avec la MISSION : «  Allez donc, de toutes les nations faites des disciples, les baptisant au nom du Père, et du Fils et du Saint Esprit,... Et voici que je suis avec vous pour toujours jusqu'à la fin du monde. » 

Croire en Jésus-Christ, c'est être constitué son témoin, envoyé pour annoncer en paroles et en actes le salut chrétien (Pagola).

III.1.2. Du témoignage à l'annonce

Comment passer de la mission de l'Eglise en tant que telle à la mission de chaque fidèle laïc ?

Il s'agit là de la question du témoignage ou de la méthode, non pas comme un ensemble de techniques utilisées dans l'action ecclésiale, mais comme une méthode de vie chrétienne ; c'est-à-dire la façon dont l'événement Christ se communique au monde, en passant de personne à personne.

Cette forme dérive de la réalité sacramentelle et eucharistique de l'Eglise même dont la nature est d'être l'instrument par lequel l'événement Christ parvient aux hommes.

La méthode peut demander des techniques missionnaires. Mais ce qui est le plus important, c'est la Sainteté, présupposé fondamental et condition irremplaçable pour réaliser la mission salvifique de l'Eglise.

La mission n'est pas la transmission d'une doctrine ou la façon de gagner des adeptes pour l'Eglise; c'est l'appel à témoigner d'une réalité nouvelle, d'une transformation et d'un style nouveaux, d'un sens et d'une espérance nouvelle. Nous ne nous appuyons pas sur nous-mêmes, ni sur l'Eglise même. Cela exige une attitude de conversion permanente parce que nous sommes des « vases d'argile » (2 Co. 4, 7)

Dans les premières communautés chrétiennes, la foi n'était pas présentée comme un système religieux mais comme une invitation à vivre en apprenant de Jésus, comme un chemin pour le suivre, comme la voie la plus sûre pour vivre avec sens, responsabilité et espérance. La foi chrétienne est davantage un chemin qu'un système religieux. (cf. Hch. 10, 25-26)

Paul VI a affirmé : «  L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres ; ou s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins. » (EN 41, 21) Le chrétien est surtout disciple et témoin de Jésus. Vocation et mission exigent qu'on suive et qu'on soit martyr, en un mot, de la Sainteté. (cf. ChL 17) 

III.1.3. La logique de l'incarnation comme logique sacramentelle évangélisatrice

Dieu se communique à travers son humanité (Incarnation) qui devient « sacrement »

« Ayant connu dans la foi qui est Jésus, ils ont pu voir et faire voir les traces de son mystère dans toute sa vie terrestre. Des langes de sa nativité jusqu'au vinaigre de sa passion et au suaire de sa Résurrection, tout dans la vie de Jésus est signe de son mystère. A travers ses gestes, ses miracles, ses paroles, il a été révélé qu'" en Lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité " (Col 2, 9). Son humanité apparaît ainsi comme le " sacrement ", c'est-à-dire le signe et l'instrument de sa divinité et du salut qu'il apporte : ce qu'il y avait de visible dans sa vie terrestre conduisit au mystère invisible de sa filiation divine et de sa mission rédemptrice . » (Catéchisme 515)

Les apôtres ont rencontré Jésus homme et le mystère de sa mort. Et malgré les difficultés du cheminement à la suite de cet homme mystérieux, ils ont senti qu'ils ne pouvaient pas le laisser : « Seigneur, à qui irons-nous ? » (Jn. 6, 68). Avec la force de l'Esprit, ils sont arrivés à croire que celui qui était ressuscité était le Fils de Dieu.

C'est-à-dire que l'humanité de Jésus est le moyen de reconnaître sa divinité, c'est le sacrement de sa divinité. L'Incarnation est la méthode choisie par la Trinité pour se communiquer, c'est la méthode de la mission. La logique de l'Incarnation est toujours une logique sacramentelle. Voilà pourquoi le chrétien est appelé à être dans tout milieu de l'existence humaine sacrement de l'événement de Jésus-Christ.

Face à la question comment communiquer aujourd'hui Jésus-Christ ?, comment imiter l'Inimitable pour devenir son disciple et son témoin ?, nous répondons qu'il faut le faire avec la logique sacramentelle qui repose sur le Baptême et l'Eucharistie.

La logique sacramentelle est la seule qui ne réduit pas Jésus-Christ à un simple objet matériel que l'on transporte dans le temps et dans l'espace, mais qui permet que Jésus arrive ici et maintenant. Mais n'oublions pas sa « logique d'incarnation » pour que notre incarnation dans le monde soit « sacrement » de QUELQU'UN.

III.2 LE LAÏC ET L'ANNONCE DE L'EVANGILE.

III.2.1. Evangéliser, vocation propre à l'Eglise 

Rappelons ces deux principes :

Toute l'Eglise est missionnaire.

« Evangéliser est, en effet, la grâce et la vocation propre de l'Eglise, son identité la plus profonde. Elle existe pour évangéliser. » (EN 14). La mission constitue la tâche essentielle de l'Eglise ; ce n'est pas quelque chose d'ajouté, mais son identité la plus profonde, ce qui la constitue et la fait être Eglise.

Ce n'est pas l'Eglise qui, une fois constituée, a la mission d'évangéliser, mais c'est cette mission qui génère et recrée constamment l'Eglise. Une vraie « spiritualité missionnaire » n'est pas possible si l'on ne récupère pas à l'intérieur de l'Eglise la conscience de la mission comme une dimension centrale et constituante de la communauté chrétienne.

La missio Ecclesiae est unie aux missions du Fils et de l'Esprit Saint à partir de l'initiative fontale du Père. Avant la mission de l'Eglise se trouve la missio Dei sur les communautés concrètes : chaque communauté ecclésiale est appelée à l'existence pour qu'elle serve à la mission du Père.

Le Laïc est responsable de la mission :

“L'Eglise étant tout entière missionnaire, et l'oeuvre de l'évangélisation étant le devoir fondamental du Peuple de Dieu » (AG 35).

«  Les fidèles laïcs, précisément parce qu'ils sont membres de l'Eglise, ont la vocation et la mission d'annoncer l'Evangile: à cette activité ils sont habilités et engagés par les sacrements de l'initiation chrétienne et par les dons du Saint Esprit. » (ChL 33 a)

Il n'est pas possible de nourrir une « spiritualité missionnaire » si les membres de l'Eglise ne prennent pas conscience du fait que tout chrétien, par le simple fait de l'être, participe à la condition d'envoyé de Jésus-Christ, d'apôtre, d'évangélisateur, d'annonciateur de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu.

III.2.2. L'Evangélisation dans la situation actuelle

L'indifférence, la sécularisation et l'athéisme sont présents dans le monde dans lequel se développe la mission de l'Eglise. Le Pape dit :

Il s'agit en particulier des pays et des nations de ce qu'on appelle le Premier Monde, où le bien-être économique et la course à la consommation, même s'ils côtoient des situations effrayantes de pauvreté et de misère, inspirent et alimentent une vie vécue «comme si Dieu n'existait pas»...La foi chrétienne, même lorsqu'elle survit en certaines de ses manifestations traditionnelles et rituelles, tend à être arrachée des moments les plus importants de l'existence, comme les moments de la naissance, de la souffrance et de la mort. ..le patrimoine moral et spirituel (d'autres régions) risque aussi de disparaître sous la poussée de nombreuses influences, surtout celles de la sécularisation et de la diffusion des sectes. (ChL 34 a-b)

La RM nous dit que dans les sociétés chrétiennes elles-mêmes, il y a des « zones » qui ne sont pas évangélisées.

Face à cette situation :

L'Eglise sent la mission perpétuelle d'évangéliser :

«  La situation actuelle, non seulement du monde mais aussi de tant de secteurs de l'Eglise, exige absolument que la parole du Christ reçoive une obéissance plus prompte et généreuse. Chaque disciple est appelé personnellement; aucun ne peut refuser de donner sa réponse personnelle: «Malheur à moi si je n'annonçais pas l'Evangile» (ChL 33 e)

La situation de déchristianisation de vastes zones et secteurs de l'humanité nous invite à élargir le concept classique de Mission-Evangélisation et à porter l'« Evangile » dans nos activités orientées vers :

. le service des personnes et de la société

. la promotion de la dignité de la personne

. le respect du droit inviolable à la vie

. la défense de la liberté de conscience et de la liberté religieuse pour invoquer en toute liberté le nom du Seigneur

. la famille, premier espace de l'engagement des fidèles laïcs ;

. la charité, âme et soutien de la solidarité.

. la participation à la politique, qui a pour but de promouvoir organiquement le bien commun ;

. la situation de l'homme au centre de la vie économico-sociale ;

. l'évangélisation de la culture et des cultures de l'homme.

(cf. ChL 5, 36-44)

Il est urgent de fortifier les Communautés :

Il est urgent de refaire le tissu chrétien de la société humaine en refaisant « le tissu chrétien des communautés ecclésiales elles-mêmes », tâche dans laquelle les fidèles laïcs sont pleinement impliqués. « A eux, en particulier, il revient de témoigner que la foi constitue la seule réponse pleinement valable, que tous, plus ou moins consciemment, entrevoient et appellent, aux problèmes et aux espoirs que la vie suscite en chaque homme et en toute société. » (ChL 34 c)

III.2.3. Evangélisation intégrale, pas seulement évangélisation du spirituel :

L'activité missionnaire a toujours tenu compte des besoins matériels des destinataires de la mission et de l'implantation d'un monde juste et fait de valeurs, même si ceux-ci ne semblaient pas faire partie du noyau du salut à un certain moment (cf. EN).

Le salut ne peut être réduit au spirituel ou à l'ultraterrestre : les réalités temporelles, les problèmes du monde, la lutte contre l'injustice et la pauvreté vont occuper une place centrale dans la mission de l'Eglise. Parce que si Dieu précède l'Eglise, il se fait présent là où se joue le destin des hommes. Ainsi le monde établit, par ses manques, l'agenda des priorités de l'Eglise, car celle-ci est appelée au salut des personnes là où elles vivent, attendent et souffrent. (E. Bueno)

III.3. MISSION ET MINISTÈRES LAÏCS

Nous avons parlé plus haut des Charismes comme don de l'Esprit aux baptisés.

Les ministères laïcs sont également des dons de l'Esprit Saint pour l'édification du Corps du Christ et pour la réalisation de la mission en vue du salut du monde (cf. LG 4). Ils sont en fonction de l'édification de la communauté et de la mission de l'Eglise. Ils entrent en plein dans les coordonnées de l'Eglise-Communion et de la mission de l'Eglise.

III.3.1. Ministérialité de l'Eglise

En partant du fait que les ministères sont tous participation au (et du) ministère de Jésus-Christ (ChL 21), l'Eglise a découvert sa propre ministérialité et le sens des ministères.

Et si au début, elle les a vus comme la possibilité de faciliter la participation et la coresponsabilité des laïcs dans la mission de l'Eglise, elle les a par la suite évalués comme expression du dynamisme de la vie de la communauté elle-même. (E. Bueno, Eclesiogénesis, pg, 158)

Quand Paul VI a attribué pour la première fois les « ministères » aux Laïcs, et qu'il a reconnu les laïcs comme des ministres (Motu Propio Ministeria Quaedam), il a dépassé la rupture du Moyen-Âge entre prêtres et laïcs.

Dans la EN 73, il énumère une série de ministères « propres » des Laïcs : catéchètes, animateurs de la prière et du chant, service de la Parole de Dieu ou assistance des frères dans le besoin, chefs de petites communautés, responsables de mouvements apostoliques et autres services en faveur de la communauté.

Parlant de la ministérialité de l'Eglise, nous répétons une fois de plus que les laïcs partagent la mission de l'Eglise : «  La mission salvifique de l'Eglise dans le monde est réalisée non seulement par les ministres qui ont reçu le sacrement de l'Ordre, mais aussi par tous les fidèles laïcs: ceux-ci, en effet, en vertu de leur condition de baptisés et de leur vocation spécifique, participent, dans la mesure propre à chacun, à la fonction sacerdotale, prophétique et royale du Christ . (ChL 23)

Tenons compte du fait que les ministères laïcs ont leur lieu ecclésiologique propre ; ce ne sont pas des ministères substitutifs au manque de prêtres.

Pour cela :

•  Evitons de transformer les nouveaux ministères laïcs en un substitut du prêtre

•  Evitons un nouveau cléricalisme : en attribuant aux ministères laïcs des fonctions propres au ministère ordonné, comme celui de présider la communauté.

•  Et de plus, souvenons-nous de sa « dimension séculière ».

Au moment de parler des ministères laïcs, il faut toujours se souvenir de la dimension séculière, c'est-à-dire de la responsabilité des laïcs dans la configuration du monde : ils doivent introduire la Foi dans les différents milieux de la vie sociale et apporter aussi à l'Eglise leurs expériences du milieu séculier.

La Conférence Episcopale Allemande signale que la tâche propre à ces ministères est celle de « mettre en relation mutuelle la foi et la situation vitale du monde… La sécularité et la ministérialité sont deux dimensions de la vie ecclésiale, différentes mais étroitement liées dans la fonction de salut que l'Eglise exerce… Ce serait désastreux que les ministères laïcs soient compris comme des formules pour fuir les milieux politiques et sociaux, comme des ministères proprement intracommunautaires ».

III.3.2. Au service de la communauté et de la mission

Les ministères laïcs au service de la Communauté et de la Mission

Les ministères laïcs sont au service de la communauté dans l'une des trois grandes fonctions de l'Eglise : Parole : enseignement ; Culte ; Communion : sanctification, gouvernement. Mais à la différence des ministères ordonnés pour qui la charge pastorale inclut les trois fonctions comme un tout indivisible, les laïcs peuvent participer à l'une d'elles sans participer aux deux autres.

« La mission de l'Eglise est le critère qui détermine l'essence théologique des ministères confiés aux laïcs. Ce n'est pas un critère sociologique, comme peut l'être la dédication à temps plein à des tâches précises… Le ministère laïc est tout simplement une consolidation aux yeux de l'Eglise de ce qui lui revient radicalement comme laïc, en vertu du sacerdoce universel fondé sur le baptême, en vue du service salvifique dans le monde. Seule une Eglise missionnaire permettra un développement correct des ministères laïcs. Et vice-versa : seule une bonne instauration des ministères laïcs rendra possible une église missionnaire » (Perea, 386)

L'Eglise locale détermine ses ministères :

Chaque Eglise locale met en marche les services dont elle croit avoir besoin pour suivre Jésus-Christ et annoncer l'Evangile du salut. Son institutionnalisation dans l'Eglise locale revient à l'Evêque, car les ministères existent pour l'édification de l'Eglise locale et lui permettent de répondre aux nouveaux défis avec la multiplicité de forces et d'approches différenciées.

Les ministères ne sont pas là pour résoudre les problèmes d'administration locale, mais pour stimuler la vie de la communauté et sa mission évangélisatrice.

PROVOCATION POUR L'AMM 

1. Le Concile, qui nous a demandé de revenir aux sources, a fait que l'Eglise revienne à la source, Eucharistie et Baptême, et que Hiérarchie et Laïcs regardent ensemble leur source unique et commune, celle du Baptême, pour mieux découvrir ce que chacun est.

L'AMM a besoin de mieux connaître qui nous sommes dans l'Eglise, qui nous sommes appelés à être dans cette Eglise conciliaire qui veut être fidèle à Jésus-Christ, pour qu'en accord avec l'Eglise, nous soyons et nous agissions conformément à ce que nous sommes.

Méconnaître la dignité du laïc, sa vocation et sa mission, c'est permettre que l'AMM ne puisse pas répondre aux défis d'une Eglise servante, mère et maîtresse au début du Troisième Millénaire; c'est continuer à maintenir un laïcat dépendant, c'est l'empêcher d'apporter l'Eglise au monde et le monde à l'Eglise.

2. A la lumière de cette doctrine de l'Eglise sur elle-même, réfléchissons :

Si l'AMM est fidèle à son caractère séculier, si elle n'est pas en train de se réfugier au sein de la « mère » Eglise en centrant à l'excès sa participation dans la communauté ecclésiale.

Si nous sommes fidèles au message de la Vierge, que nous répandons avec la Médaille Miraculeuse, quand nous efforçons surtout de collaborer dans l'Eglise, comme communauté, plutôt que de transformer ou de « porter la grâce » dans la société.

Si nous sommes dans la « communion » par notre action pastorale en union avec l'Eglise Diocésaine ou Paroissiale, ou si nous faisons de l'apostolat en cherchant à nous projeter, à nous développer surtout en tant qu'Association.

Si nous sommes en train d'offrir la « spiritualité » appropriée à notre époque, si nous sommes en train d'encourager le fait d'« être saints dans une société laïque ».

Rappelons que l'AMM a de grandes possibilités pour vivre dans le monde sans être du monde parce qu'elle vit au milieu de la société, au milieu de la famille et de familles déstructurées par différentes pauvretés spirituelles et matérielles. Nous pourrions donc nous demander :

Quelle sorte de « sainteté » cultive-t-on au sein de l'Association ?

Est-ce la sainteté de la joie de vivre dans le monde, la sainteté de la fuite du monde, la sainteté en opposition à ce monde, la sainteté de la « levure », la sainteté des élus ou la sainteté qui m'est donnée par ma condition de baptisé ?

3. L'AMM doit sentir très fort en soi la dimension de la « logique sacramentelle ». Sa dévotion à la Vierge de la Médaille Miraculeuse, les expressions de culte et de dévotion qu'elle réalise… la conduisent-elles à s'incarner dans le monde ou la séparent-elles de celui-ci ? Sont-elles sacrement de la visite de Dieu, de Marie, ou sont-elles davantage l'expression d'un monde qui n'intéresse pas l'autre ?

4. Un autre défi qui s'offre à nous dans l'AMM est celui de vivre et de transmettre la foi en Jésus-Christ, le Fils de Marie, dans un monde sécularisé, indifférent, athée… Cultivons-nous le champ abandonné ou sommes-nous de ceux qui se décident à « avancer en eaux profondes »? Restons-nous avec les brebis du troupeau ou allons-nous à la recherche des brebis égarées ou de ceux qui n'appartiennent pas encore au troupeau ?

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