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L'APOSTOLAT |
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P. Corpus Delgado, C.M. |
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Première
partie La formulation de l'apostolat de l'AMM dans ses statuts L'Association de la Médaille
Miraculeuse plonge ses racines dans les apparitions de la Vierge Marie à
Sainte Catherine Labouré en 1830. À partir de 1832 la Médaille commence à se
diffuser, tellement que le peuple l'appela spontanément la Miraculeuse. Et de
partout surgirent des groupes, confréries qui répandirent l'amour de la
Vierge Marie et le message des manifestations de la rue du Bac. Le Pape Pie IX, sur la demande
du P. Jean-Baptiste Etienne, approuva le 20 juin 1847 l'Association des
Filles de Marie et le 19 juillet 1850 l'Association des Fils de Marie. Déjà avant, le 11 juillet 1843,
le curé de Saint Giniez de Madrid avait obtenu un bref du Pape Pie IX
approuvant pour sa paroisse une association comme une Archiconfrérie, à
l'occasion de la présentation d'une image de la Miraculeuse apportée de Paris
. Il se passait la même chose dans beaucoup d'autres lieux de par le monde :
les missionnaires et les prêtres, sous l'enthousiasme des fidèles, recevaient
la médaille et l'image des manifestations à sainte Catherine et organisaient
des pieuses associations. Ayant connaissance de
l'existence de si abondantes et diverses initiatives en ce sens les évêques
polonais sollicitent le Saint-Siège (et obtiennent par le rescrit du 3 juin
1905) la reconnaissance des ces associations et les indulgences
associées. Le P. Antoine Fiat sollicite
formellement l'approbation de l'Association de la Médaille Miraculeuse dans
le monde. Le Pape, Pie IX, par le décret du 16 décembre 1908 et par le bref
du 8 juillet 1909, approuve l'Association pour toute l'Église, et lui
donne l'unité sous l'autorité du Supérieur Général et en approuve les Statuts. Ces premiers Statuts,
recueillis dans le Bref pontifical, contiennent sept points. Pour ce qui est
du thème de l'apostolat de l'Association les articles 1, 2 et 5 nous
intéressent particulièrement. Art.1. Le titre officiel est
Association de la Sainte Médaille en honneur de l'Immaculée Conception, plus
communément appelée Association de la Médaille Miraculeuse. Elle se propose
comme objectif d'être "un mémorial vivant et perpétuel des apparitions
de Marie Immaculée en 1830". Ce mémorial vivant des événements de 1830 y
sera associé, afin qu'il le prolonge et soit plus expressif. Art.2. L'Association se
propose pour fin de rendre à Marie conçue sans la tâche originelle l'honneur
qui lui est dû, par le double travail de sanctification personnelle et
l'apostolat, dont la sainte Médaille donne à la fois le modèle et le secours,
grâce aux symboles qu'elle présente et à la vertu qui y est attachée. Art.5 Tous les fidèles de
l'un et l'autre sexe peuvent devenir membres de cette Association porter sur
la poitrine, suspendue au cou, la sainte Médaille. Le P. Crapez nommé Directeur
Général de l'Association, publie la revue RAYONS durant les années 1920 et
1921 une série d'articles sur l'Association de la Médaille Miraculeuse
apportant des commentaires sur les Statuts. Le P. Crapez signale que
l'esprit de l'Association est l'esprit chrétien, mais ajoute que l'esprit
particulier de l'Association est : a) La pureté de conscience; b) La
fidélité du devoir; c) Le zèle pour le salut des âmes . Il suggère
qu'en plus de ces fins principales, chaque association puisse proposer
d'autres objectifs secondaires . L'Assemblée des Cardinaux et
Archevêques de France déclare en mars 1954 que les Associations nées des
apparitions de la Vierge en 1830 sont "auxiliaires" de l'Action
Catholique. Quand en 1956, le P. Henrion
réorganise l'Association en France, il introduit un objectif apostolique :
l'aide aux vocations missionnaires, sacerdotales et religieuses, de forme
spirituelle ou temporelle. Je crois qu'un objectif similaire fut proposé d'en
d'autres groupes de l'Association dans d'autres pays, comme les États-Unis
d'Amérique. Le 8 septembre 1990, en réponse
à la demande formulée par le P.R. Mc Cullen le 16 juillet de la même année,
la Congrégation pour le Instituts de Vie Consacrée et Sociétés de Vie
Apostolique approuva les nouveaux Statuts de l'Association . Les modifications introduites
dans les nouveaux Statuts sont peu nombreuses rapportées à ceux qui furent
approuvés par Pie X . Art.2. Cette association a pour
fin de vénérer Marie conçue sans péché, travailler à la sanctification
personnelle et à l'apostolat. La sainte Médaille de Marie, tant par les symboles
qu'elle présente que par les vertus dont elle est porteuse, offre un modèle
et une aide pour atteindre ces buts. Art.5. Tous les fidèles peuvent
appartenir à cette Association et bénéficier de ses privilèges. Sont membres
communs ceux qui portent la Sainte Médaille qui a été bénie par un prêtre. Il
convient qu’ils portent la Médaille autour du cou. Les nouveaux Statuts ajoutent
un article complètement original par rapport aux Statuts de Pie X, et qui
oriente les membres de l'Association à comprendre leur mission propre : Art.7. Les membres, conscients
que Marie, "montée au ciel… n'abandonne pas sa mission salvatrice,
mais continue à nous obtenir par son intercession répétée, les dons qui
assurent notre salut éternel" (Lumen Gentium 62), répètent souvent les
paroles qui apparaissent sur la médaille, "Oh Marie conçue sans péché,
prie pour nous qui avons recours à toi". Cependant , ils doivent se
souvenir que : "la vraie dévotion ne consiste nullement dans un
mouvement stérile et éphémère de la sensibilité pas en un sentiment passager
et éphémère de la sensibilité. Au contraire, elle procède de la foi, qui
conduit à reconnaître la grandeur de la Mère de Dieu et nous anime à aimer
comme des fils notre Mère et à imiter ses vertus" (Lumen Gentium 67). Le 11 février 1998, le
Supérieur Général, P. Robert P. Maloney, sollicita du Saint Siège
l’approbation des nouveaux Statuts qui furent approuvés par la Congrégation
pour les Instituts de Vie Consacré et les Sociétés de vie apostolique le 19
février 199815. La portée plus significative des Statuts de 1998 portent sur
l’apostolat de l’Association, expressément précisée dans l’article 2 : Cette
Association a pour but de rappeler Marie conçue sans péché ; et aussi la
sanctification de ses membres, leur formation intégrale dans la vie
chrétienne et dans l’apostolat de la charité, spécialement auprès des plus
abandonnés. Les dernières années, depuis la
publication des nouveaux statuts, dans les divers pays se sont révisés et
actualisés les statuts particuliers. Dans quelques-uns ont été introduits des
clauses, au sujet de l'apostolat, comme par exemple la sanctification des
membres, la formation intégrale de la vie chrétienne, l'accomplissement du
devoir; l'apostolat de la charité spécialement avec les plus abandonnés,
propager la doctrine de l'Eglise dans notre milieu familial et social;
développer l'esprit de Saint Vincent de Paul dans sa dévotion à Marie, son
amour et service aux nécéssiteux. 1.- Tant les Statuts de 1909
que ceux de 1990 il est parlé de l'Apostolat de l'Association, mais ils ne
parviennent pas à définir avec précision en quoi consiste cet apostolat. Pour cela certains pensent que
l'Apostolat de l'Association consiste uniquement dans la diffusion de la
dévotion à la Vierge Immaculée de la Médaille et à célébrer solennellement sa
fête20. Pour d'autres en revanche, tout type d'apostolat peut être recommandé
par l'Association de la Médaille Miraculeuse (depuis l'Action Catholique
jusqu'au Volontariat Vincentien), diluant l'identité spécifique de
l'Association dans les identités d'autres groupes. 2.- L'apostolat de
l'Association de la Médaille Miraculeuse a revêtu des formes concrètes dans
les circonstances de temps et de lieu : apostolat général, apostolat en
faveur des vocations, apostolat liturgique, formation propre, charité… 3.- L'apostolat de
l'Association de la Médaille Miraculeuse apparaît toujours liée à la mémoire
des apparitions de la Vierge Immaculée en 1830. 4.- Dans les Statuts de
l'Association, nous trouvons des allusions et suggestions qui permettent de
formuler sa finalité apostolique, à partir de l’affirmation réitérée des
Statuts de 1909, puis 1990 et 1998 (rappel vivant et permanent) et à
partir de la citation expresse de Lumen Gentium (imiter ses vertus)
qui rejoignent les Statuts de 1990 et 1998. Pour ceci, je me permets de
vous suggérer une formulation provisoire qui pourrait être étudiée
pour être intégrée aux Statuts un nouvel article qui décrive clairement
l'apostolat de l'Association dans le monde entier.
Comment décrire aujourd'hui l'apostolat de l'Association ? Pouvons-nous essayer de
formuler une description de l'apostolat de l'Association qui soit valable
pour aujourd'hui ? Pouvons nous même suggérer que soit incorporé expressément
aux Statuts de l'Association en vue de l'unité et de la cohérence de
l'Association au niveau mondial ? Permettez-moi d’essayer : Les membres de l'Association
de la Médaille Miraculeuse se confient en la Vierge Immaculée,
particulièrement dans ses aspects décrits dans les manifestations de 1830, et
en Elle se trouvent l'inspiration et l'aide pour : 1.- Vivre en fidélité à la
vocation particulière. 1.- Vivre en fidélité à sa
vocation propre. Les divers Statuts de
l'Association de la Médaille Miraculeuse indiquent que tous les fidèles
peuvent être membres de cette Association. La reconnaissance de la
condition de fidèles, de la dignité de fils de Dieu, constitue à mon avis, le
premier trait spécifique de l'Association. Les membres de
l'Association de la Médaille Miraculeuse sont des fidèles chrétiens : hommes
et femmes baptisés qui essaient de vivre le parfum de l'Evangile dans les
diverses circonstances de la vie individuelle, familiale, professionnelle et
sociale comme membres de l'Eglise du Christ; qui suivent et confessent
Jésus-Christ et s’engagent aujourd'hui pour sa cause sur notre terre, comme
membres vivants de l’Eglise. Les membres de l’Association de
la Médaille Miraculeuse ont découvert que le baptême les fait sujets de plein
droit de la Communauté des disciples de Jésus, de l’Eglise, Peuple de Dieu en
pèlerinage dans l’histoire, et participants à sa mission évangélisatrice. Les membres de l'Association de
la Médaille Miraculeuse savent reconnaître clairement leur condition de
fidèle chrétien, leur dignité baptismale, leur responsabilité de membre
vivant et actif du Peuple de Dieu. Pour vivre sa responsabilité en
Eglise comme baptisés, les membres de l'Association ont les yeux fixés sur
Marie, modèle de l'Eglise en pélerinage, qui précède avec sa lumière le Peuple
de Dieu en marche24. En Marie, la première disciple, nous découvrons comment
être disciple de Jésus. Qui cherche à suivre Jésus-Christ, rencontre celle
qui l'a reçu du Père, Marie, la première chrétienne, pédagogue de l'Evangile. Au milieu de tous les croyants,
Marie est comme un "miroir" dans lequel se reflètent « les
merveilles de Dieu » de la manière la plus profonde et la plus limpide. "La
bienheureuse Vierge Marie continue à précéder le Peuple de Dieu. Son
exceptionnel pèlerinage de la foi est un point de référence constant pour
l'Eglise, pour les individus et communautés, pour les peuples et les nations,
et dans un certain sens, pour toute l'humanité". Quand les membres de
l'Association fixent leurs regards sur la représentation de Marie, la Vierge Miraculeuse,
ainsi qu'elle fût décrite par sainte Catherine Labouré, découvrent son
vêtement blanc ("vêtue de blanc éclatant"), expression de la
dignité des baptisés. Les membres de l'Association
reçoivent comme adressé à eux-mêmes les paroles de la Vierge qui invite tous à
vivre en accord avec leur vocation. Dans l'échange entre la Vierge et
sainte Catherine la nuit du 18 au 19 juillet 1830, Marie fait un constat :
"Beaucoup laisse à désirer… la règle s'est relâchée". Il se vivait
des moments de relâchement et Marie demande la fidélité à la vocation
première : "dites-leur d'être fidèles". Les membres de l'Association
savent que la Médaille commença à se répandre en invitant à une
authentique vie chrétienne, provoquant des conversions. C'est la médaille
de la fidélité : porter la médaille est un engagement envers Dieu et envers
les hommes, c'est une invitation permanente à la fidélité à la vocation
baptismale. Catherine Labouré, témoin des
manifestations de la Vierge Miraculeuse, a été fidèle jusqu'à la mort en
vivant sa vocation de service des pauvres sans bruits, en silence, avec une
grande authenticité. Son témoignage continue de soutenir la fidélité de la
vocation baptismale de tous les membres de l'Association. 2.- S'efforcer d'avancer
dans la sainteté de vie Dans les Statuts on signale que
la fin propre de l'Association de la Médaille Miraculeuse est de : "….Vénérer
Marie conçue sans péché et aussi la sanctification de ses membres… À notre époque une telle
expression peut nous paraître forte, mais depuis l'origine toute associations
dans l'Eglise a voulu être un instrument et une moyen pour la sanctification
des associés. Au début du nouveau millénaire,
le Pape Jean-Paul II nous a proposé la perspective de la sainteté comme base
de tout programme pastoral. Jean-Paul II se demande :
Peut-on programmer la sainteté ? Que peut signifier cette parole dans la
logique d'un plan pastoral ? .Et il répond : ""Mettre la
programmation pastorale sous le signe de la sainteté est un choix lourd de
conséquences. Cela signifie exprimer la conviction que si le Baptême fait
vraiment entrer dans la sainteté de Dieu au moyen de l'insertion dans le
Christ et de l’inhabitation de l’Esprit, ce serait un contresens que de se
contenter d’une vie médiocre, vécue sous le signe d’une éthique minimaliste
et d’une religiosité superficielle. Demandez à un catéchumène : « Veux-tu
recevoir le baptême ? » signifie lui demander en même temps : « Veux-tu
devenir saint ? » Cela veut dire mettre sur sa route le caractère radical du
discours sur la Montagne : "Soyez parfait comme votre Père céleste est
parfait " (Mt 5,48)". Dans l'exhortation Christifideles
laïci sur la vocation et la mission des fidèles laïcs, Jean-Paul II
recueille les fruits et les exigences des baptisés appelés à la sainteté : la
suite et l'imitation de Jésus-Christ, la réception de ses béatitudes,
l'écoute et la méditation de la Parole de Dieu, la participation consciente
et active à la vie liturgique et sacramentelle de l'Eglise, l'oraison
personnelle, familiale et communautaire, dans la faim et la soif de justice,
dans la mise en œuvre du commandement de l'amour dans toutes les
circonstances de la vie et dans le service des frères, spécialement s'il
s'agit des plus petits, des pauvres, de ceux qui souffrent36. L'Association prétend aider ses
membres à être de meilleurs et plus parfaits disciples de Jésus-Christ, à
répondre à leur vocation à la sainteté dans la suite de Jésus-Christ et la
fidélité à sa Parole. "Incorporés à Jésus-Christ, les baptisés
sont unis à lui et à son sacrifice dans l'offrande d'eux- mêmes et de toutes
leurs activités. Toutes leurs activités, leurs prières et leurs entreprises
apostoliques, leur vie conjugale et familiale, leurs labeurs quotidiens,
leurs détentes d’esprit et de corps, s'ils sont vécus dans l'Esprit, de Dieu
et même les épreuves de la vie pourvu qu’elles soient patiemment supportées,
tout cela devient offrandes spirituelles agréables à Dieu par Jésus-Christ,
et dans la célébration eucharistique ces offrandes rejoignent l’oblation du
Corps du Seigneur pour être offertes en toute piété au Père. C’est ainsi que
les laïcs consacrent à Dieu le monde lui-même, rendant partout à Dieu dans la
sainteté de leur vie un culte d’adoration". Sur ce chemin les membres de
l'Association de la Médaille Miraculeuse se fixent sur Marie. Comme l'affirme
saint Vincent de Paul : "Marie comprit plus profondément que tout
croyant les enseignements évangéliques et les mis en œuvre dans sa vie". Mère et en même temps disciple,
disait de Marie saint Augustin, en ajoutant hardiment qu'être disciple fût
pour elle plus important qu'être mère. Une femme enthousiaste s'écria devant
Jésus : Bienheureux le ventre qui t'a porté et les seins qui t'ont nourri.
Et Jésus répliqua : Bienheureux davantage ceux qui écoutent la Parole de
Dieu et ceux qui l'accomplissent (Lc 11,27-28). En Marie résident les
deux louanges : ses entrailles ont porté Jésus et elle a écouté et accompli
la Parole de Dieu : une auditrice, une disciple et une fidèle. Marie écoutant et acceptant le
message de Gabriel, entre dans une dynamique nouvelle : demeurer attentive à
la Parole du Seigneur (Lc 2,33-35). L'accueil de la Parole se fait
acceptation du projet de Dieu sur elle. Elle s'offre totalement à la personne
et à l'œuvre de son Fils et nous invite à faire de même : Faites tout ce
qu'il vous dira (Jn 2,5). Chaque fois que les membres de
l'Association se réunissent pour célébrer Marie, la Vierge Miraculeuse, ils
réécoutent son invitation : Faites tout ce qu'il vous dira. Ils
contemplent de leurs yeux une image et des signes qui présentent Marie comme
la toute-sainte, l'Immaculée, celle qui a vécu étroitement liée au
Christ et a été associée pleinement à son offrande d'amour. Lorsqu'elle nous décrit le
contenu de la Médaille, sainte Catherine écrit : La lettre M et les deux
cœurs en disent assez. Un des deux cœurs apparaît couronné d'épines,
l'autre traversé par un glaive. Les deux cœurs sont reliés à une croix. L'initiale
de Marie est entrelacée à la croix, inséparablement unie au Christ. Los deux
cœurs solidaires l'un de l'autre. Les membres de l'Association portent cette
médaille sur la poitrine : en signe de leur identité, et surtout de leur
engagement à grandir dans l'identification au Christ, comme Marie, en
s'associant à son offrande. Les manifestations à sainte
Catherine eurent lieu pendant l'oraison. Et Marie nous invite à prier.
L'ange dit : "Allez à la chapelle… Mettez les mains sur les genoux de
la Sainte Vierge… Marie l'invite : Venez au pied de cet autel… dites-leur de
venir aux pied de cet autel. La Vierge Miraculeuse nous rassemble
toujours dans la prière. Là où est son image, naît la prière. C'est dans la
prière que les membres de l'Association écoutent attentifs la Parole de Dieu
et disposent leur vie pour répondre, comme Marie, généreusement et fidèlement
à l'appel à la sainteté. 3.- Confesser son identité
chrétienne au cœur du monde Jean-Paul nous rappelle que « la
vocation universelle à la sainteté est étroitement unie à la vocation
universelle et à la mission. Tout fidèle est appelé à la sainteté et à la
mission. Comme membre de toute l’Eglise, nous pouvons affirmer que pour
l’Association évangéliser « constitue sa dite vocation, son identité plus
profonde. » Les membres de l'Association de
la Médaille Miraculeuse, conscients de leur vocation particulière dans
l'Eglise, avec maturité et cohérence évangélique, travaillent pour la
sainteté et la construction du Royaume de Dieu là où se développe le
présent et où se prépare le futur des personnes, des groupes et de la société
entière : vocation de présence et de service de la communauté humaine,
dans les structures civiques, sociales et politiques. - Chaque associé est membre de
l'Eglise, mais aussi citoyen de ce monde. Pour le croyant, tous les aspects
de la vie doivent et intégrés et unifiés en Christ, dans le projet amoureux
de Dieu. C'est l'Evangile qui doit guider tous les aspects de la vie, de
sorte qu'il n'y ait pas de fossé entre la foi et la vie, entre l'Evangile
et le culture. - De plus, les membres de
l'Association développent diverses activités. Ils sont appelés à donner un
témoignage de vie chrétienne dans les divers milieux et réalités. "Toute
activité, toute situation tout engagement concret - comme, par exemple, la
compétence professionnelle et la solidarité dans le travail, l'amour et le
dévouement à la famille et dans l'éducation des enfants, le service social et
politique, la présentation de la vérité dans le monde de la culture – Tout
cela est occasion providentielle pour un exercice continuel de la foi, de
l'espérance et de la charité". - Nous avons la
responsabilité de proclamer la foi catholique. Nous sommes appelés à être
confesseurs : à professer la foi en Christ, en l'homme, en l'Eglise,
avec courage. Les membres de l'Association de
la Médaille Miraculeuse fixent leurs yeux sur l'humble jeune fille de
Nazareth : elle accomplit la volonté de Dieu dans le quotidien de la vie : "Combien
simple a dû être sa vie" écrivait Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus
parlant de Marie. La simplicité de Nazareth inspire aux membres de
l'Association de vivre leur mission de présence dans la société. "Celle
qui s'est déclarée « servante du Seigneur », à l’annonciation est restée,
durant toute sa vie terrestre, fidèle à ce que ce nom exprime, se confirmant
ainsi véritable « disciple » du Christ qui avait fortement souligné le
caractère de service de sa mission : « Le Fils de l'homme n’est pas venu pour
être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude (Mt
20, 26) », « c’est pourquoi Marie est devenue la première de ceux qui «
servant le Christ conduisent leurs frères dans l’humilité et la patience,
jusqu’au roi dont on peut dire que le servir fait régner » et elle a
pleinement atteint cet « état de liberté royale », qui est propre aux
disciples du Christ : servir ce qui veut dire régner". Sœur Catherine, la sainte du
silence, a été témoin au cœur des réalités quotidiennes : cuisinière, puis
lavandière, accomplissant ses charges avec la minutie de l'office, du
poulailler au jardin, et surtout le service des personnes âgées. Les faits et manifestations de
la Vierge Marie, sont mis en évidence par sa simplicité et son naturel. La
présence de Marie, la Vierge Miraculeuse, est douce, comme un vêtement de
soie, mais profond et transformant. Aussi les membres de
l'Association de la Médaille Miraculeuse sont appelés à être présence
évangélisatrice dans le monde, simples et cohérents avec leur vie chrétienne,
pour qu'ainsi "une annonce joyeuse du don de la révélation du
Dieu-Amour, qui aima tant le monde qu'il lui donna son Fils unique
(Jn3,16)…qui pour nous est une grâce qui nous remplit de joie, une nouvelle
que nous devons annoncer". 4.- Evangéliser et servir
les plus pauvres, en collaboration avec la Famille Vincentienne A 100 jours du début de l'an
2000, le Pape s'adressait à l'Assemblée des Nations Unies : "Les
inégalités de l'ignorance et de la pauvreté sont en augmentation malgré les
énormes progrès scientifiques et technologiques. Encore plus lentement, les
progrès scientifiques au lieu de se mettre au service de toute la communauté
humaine, se distribuent de telle manière que les injustes inégalités
augmentent et même s'installent". Il suffit de regarder autour de
nous pour découvrir en ce moment les multiples nécessités auquel il
nous faut répondre. Le développement socio-économique actuel paraît pouvoir
assurer toujours davantage le bien être d'un secteur de la population, tandis
que l'autre se voit menacée ou exclue ; ils sont nombreux, ceux qui, pour des
raisons diverses, restent marginalisés ou abandonnés à leurs besoins :
Travailleurs au chômage, familles brisées, personnes âgées non prises en charge,
jeunes au futur incertain, marginaux, victimes de la violence, du terrorisme
et de la guerre, femmes humiliées, prisonniers… La pauvreté prend de nouveaux
visages, la pauvreté aux milles noms, aux formes nouvelles, au niveau général
et à chaque endroit où notre Association est implantée. Autant nous croyons en Dieu et
la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ autant il nous est impossible de tourner le
dos à l'amère réalité de la pauvreté. Il s'y joue : "la dignité de la
personne humaine, dont la défense et la promotion nous ont été confiées par
le Créateur et dont sont rigoureusement responsables les débiteurs, les
hommes et femmes dans toutes les circonstances de l'histoire". Notre association appartient à
la Famille Vincentienne. Il ne nous est pas possible de parler de Famille
Vincentienne sans parler de l'œuvre de Vincent de Paul, de Louise de Marillac
et de tant de ses successeurs qui ont réalisé de si importants services au
milieu des plus pauvres. Si l'Association de la Médaille Miraculeuse est un
cadeau de Dieu à l'Eglise avec le charisme vincentien, elle doit se savoir
une association au service des pauvres. Comment peut-on développer dans
l'Association cet engagement apostolique ? a) En étudiant les causes de la
pauvreté. Chacun de nous : associés,
Conseillers locaux et diocésains, nous devons étudier, approfondir,
réfléchir, analyser les causes de la pauvreté. C'est ce que nous répète la
doctrine sociale de l'Eglise. Les situations de pauvreté ne sont pas le
résultat du hasard, mais elles obéissent à des causes structurelles définies.
Les membres de l'Association doivent être des personnes qui étudient les
causes de la pauvreté, qui étudient et connaissent, qui jugent quelles sont
les raisons sur lesquelles se fondent les situations de pauvreté. b) En engageant les collectes
et dons de l'Association au service de pauvres. Notre Association ne veut rien
pour elle. Elle veut être une Association qui engage ses dons et collectes
pour le service des pauvres. Dons qui doivent être spécialement consacrés aux
projets à long terme en faveur de la justice et la paix. Dans de nombreux
cas, nous savons qu'il est nécessaire une aumône directe, un don ou une
offrande immédiate et concrète. Mais notre engagement à dédier nos dons et
aumônes doit se concrétiser dans des projets, déjà existants ou mis en œuvre
par nous. D'autres associations de la Famille Vincentienne, conduisent des
projets qui peuvent exiger notre soutien. Le meilleur usage de nos biens au
service des pauvres se fait au moyen de projets efficaces qui s'attaquent aux
racines de la pauvreté, projets pour la promotion des personnes et des
peuples. c) En nous engageant
personnellement. Il ne suffit pas d'étudier les
causes de la pauvreté et d'y engager nos dons. Nous devons donner un pas
supplémentaire et nous engager en faveur des pauvres. Cet engagement
entre dans la logique de la spiritualité vincentienne. C'est ce que nous
demande l'Eglise actuellement. Nous savons qu'à nos côtés, dans nos
paroisses, proche de nos Centres, travaillent d'autres groupes vincentiens
impliqués directement dans l'engagement qui transforme. Notre Association
doit unir ses forces, c'est l'heure de grouper les efforts de promotion de la
justice, de la solidarité et de la paix. Au début du nouveau millénaire,
Jean-Paul II nous dit : « C'est l'heure d'une nouvelle imagination de la
"charité ", qui se déploierait non seulement à travers
l'efficacité des secours prodigués aux Pauvres, mais aussi dans la capacité
de se faire proche et d’être solidaire de ceux qui souffrent… Pour cela nous
devons faire en sorte que dans toutes les communautés chrétiennes les pauvres
se sentent comme "chez eux ». La Vierge Miraculeuse apparaît
avec le manteau jusqu'aux pieds, la recouvrant totalement, et le mains
tendues. Les éclairs de ses rayons descendent jusqu'à terre. Certains
théologiens pensant ces symboles ont vu dans la Vierge Miraculeuse, la
mère des pauvres : celle qui abrite avec son manteau jusqu’aux plus
petites de la terre ; celle qui offre ses mains ouvertes pour accueillir et
prendre soin de tous les nécessiteux. Saint Vincent de Paul propose
en de multiples occasions la promptitude de la Vierge à la Visitation
comme modèle de service des pauvres. "Vous honorerez la visite de la
très sainte Vierge lorsqu'elle s'en alla visiter sa cousine promptement et
avec joie". Paul VI signalait la grandeur
du service de Marie avec des paroles qui ont un écho très actuel : "Elle
est une femme forte qui connut la pauvreté et la souffrance, la fuite et
l'exil (Mt 2,13-23) : des situations qui ne peuvent échapper à l'attention de
qui veut suppléer dans un esprit évangélique les énergies libératrices de
l'homme et de la société. Et Jean-Paul II : "Le
Magnificat est le miroir de l'âme de Marie. Dans ce poème on atteint le
sommet de la spiritualité des pauvres de Yahvé et du prophétisme de
l'ancienne Alliance. C'est le cantique qui annonce le nouvel évangile du
Christ ; c'est le prélude du sermon sur le Montagne. En lui Marie se
manifeste à nous vide d'elle-même et mettant toute sa confiance dans la
miséricorde du Père. Dans le Magnificat elle apparaît comme le modèle pour
ceux qui n'acceptent pas dans la passivité les circonstances contraires de la
vie personnelle et sociale, qui ne sont pas victimes de l'aliénation, mais
qui proclament avec Elle que Dieu élève les humbles et renverse les puissants
de leurs trônes". En Marie et dans la
spiritualité vincentienne les membres de l'Association de la Médaille
Miraculeuse trouvent la force qui inspire leur engagement envers les plus
pauvres. 5. Participer activement à
la vie et l'apostolat des Eglises locales. Le code de Droit Canon, se
référant aux conseillers et assesseurs des associations de fidèles, leur
demande de "veiller à ce que ces associations apportent leur aide aux
œuvres d'apostolat existant dans le diocèse, surtout en coopérant, sous la
direction de l'ordinaire du lieu, avec les associations qui sont ordonnées à
l’exercice de l’apostolat dans le diocèse". Maintenant le Concile Vatican
II avait demandé l'insertion des laïcs dans les paroisse et les diocèses : "Développer
sans cesse le sens du diocèse, dont la paroisse est comme une cellule, ils
seront toujours prompts à l’invitation de leur Pasteur à participer aux
initiatives du diocèse". Le lieu de réalisation des
associations est la paroisse, considérée non comme une structure, un
territoire ou un édifice, mais comme la famille de Dieu, une fraternité
animée par l'Esprit d'unité, une maison de famille, fraternelle et
accueillante, la communauté des fidèles". "Faire de l'Eglise la
maison et l'école de la communion : tel est le grand défi qui se présente à
nous dans ce millénaire qui commence, si nous voulons être fidèles au dessein
de Dieu et répondre aussi aux attentes profondes du monde". Ainsi
s'exprime le Pape Jean-Paul II dans sa lettre apostolique à l'aube du nouveau
millénaire. Il précise : "Les lieux de la communion doivent être
entretenus et étendus jour après jour, à tous niveaux, dans le tissu de la
vie de chaque Église. La communion doit ici clairement apparaître dans les
relations entre les Évêques, les prêtres et les diacres, entre les Pasteurs
et le Peuple de Dieu, entre les clercs et les religieux, entre les
associations et les mouvements ecclésiaux. Dans ce but, tous les organismes
de participation doivent toujours être mieux mis en valeur. Nous, membres de l'Association
de la Médaille Miraculeuse sommes appelés, à cultiver la communion
ecclésiale, la participation active dans la vie et l'apostolat des Eglise
locales, pour permettre au diocèse et à la paroisse d'être " la fontaine
du village à laquelle tout vient étancher sa soif". Le charisme propre
de l'Association, qui appartient à la richesse de l'Eglise, est ordonné à son
édification, aux biens des hommes et aux nécessités du monde. L'image de la Vierge
Miraculeuse apparaît aux yeux des membres de l'Association couronnée de douze
étoiles. Les douze étoiles évoquent le nombre des tribus d'Israël, et celui
des douze apôtres du Seigneur. Elles font aussi référence à l'espérance en la
victoire finale et à la nouvelle cité, demeure de Dieu avec son peuple (Ap.
21,1-5). La participation active des membres de l'Association de la Médaille
Miraculeuse dans la vie des communautés chrétiennes locales est constamment
animée par Marie, la Vierge aux douze étoiles. Le livre des Actes des Apôtres
décrit la vie des premières communautés chrétiennes avec la présence de Marie
( Act 1,12-14; 2,42-47). Marie, présente dans la communauté fortifie son
union et revivifie son espérance, invite à l'écoute de la Parole et à la
louange, soutien le don et la mission en communion avec le Christ. Les
membres de l'Association découvrent en Marie la référence pour leur
intégration et leur communion dans la vie de l'Eglise locale. 6.- Faire que chaque famille
soit une "Église domestique" A l'occasion de l'année
internationale de la Famille, le Pape Jean-Paul II s'exclamait dans la carte
aux familles : "Familles soyez ce que vous êtes !". De cette
manière, le Pape rappelait aux familles l'importance de découvrir leur
vocation particulière et leur mission dans l'Eglise et dans le monde. "Que
chacune fasse de sa maison une église" disait à la fin du IVe siècle
saint Jean Chrysostome aux chrétiens de Constantinople, "parce que
votre maison est une petite église". Et le Pape Jean-Paul II
expliquait : "Si la famille chrétienne et une communauté dont les
liens sont renouvelés par le Christ par la foi et les sacrements, sa
participation à la mission de l'Eglise doit se réaliser communautairement,
ensemble, car les conjoints pour ce qui est du couple et les parents avec les
enfants quant à la famille, doivent vivre au service de l'Eglise et du
monde". Ce grand peintre que fût
Bartholomé Esteban Murillo a peint de nombreuses fois la Saint Famille. Quelques-uns
de ses tableaux ont été largement diffusés en images et cadres. Dans un cadre
merveilleux, peut être pas tant connu de ce peintre, qui est conservé dans la
Galerie Nationale de Londres, en peignant la Sainte Famille, il a représenté
deux trinités avec cinq personnages. Dans la verticale apparaît la Trinité
divine : le Père dans la partie haute, au centre l'Esprit sous la forme d'une
colombe, et dans le bas, le Fils, Jésus de Nazareth. Sur l'horizontale
apparaissent formant aussi une trinité, Marie, Joseph, et Jésus au milieu. Cinq
personnages et deux trinités. Un détail saute aux yeux : le personnage qui
est Fils dans la Trinité divine est aussi fils dans la communauté familiale
de Nazareth. Ce n'est pas un simple jeu de perspectives, ni une coïncidence. C'est
le plan de Dieu qui veut faire de la famille une image de la Trinité. La
petite famille de Nazareth est ainsi le reflet d'une autre famille la famille
trinitaire. Ce célèbre cadre de Murillo nous aide à comprendre le plan de
Dieu sur la famille. L'Eglise nous rappelle que la
famille est une église domestique, où les personnes sont accueillies et
croissent comme des personnes, communauté au service de la vie; première
cellule de la société, dont on promeut le développement, temple où se célèbre
et se partage la foi, lieu d'où l'on participe à la vie et à la mission de
l'Eglise, comme famille prophétique, sacerdotale et royale, qui rend le
Christ et ses valeurs visibles dans le monde d'aujourd'hui64. Les membres de l'Association
perçoivent la valeur évangélisatrice que peut atteindre la visite au domicile
de la Vierge Miraculeuse65. La culture dominante aujourd'hui n'est pas la
culture chrétienne. Nous sommes passés ( Cette précision se réfère surtout à
la réalité en Europe) ces quatre dernières années, d'une société inspirée par
les valeurs du christianisme, à une société de l'oubli et même qui déprécie
les valeurs chrétiennes. Les signes et manifestations de la vie chrétienne
ont été réduit au seul espace individuel privé. On prétend même réduire au
seul espace de l'intimité personnel la foi, les valeurs chrétiennes et la
suite du Christ. Ce contexte culturel dans lequel nous vivons, renouvelle la
valeur évangélisatrice de la Visite de la Vierge dans les foyers. Le Pape de
nombreuses fois nous a invité à commencer une nouvelle évangélisation,
nouvelle en son ardeur, nouvelle en ses méthodes, nouvelle en son
expression66. Comme nous le savons la
Visite à domicile de la Vierge Miraculeuse a débuté au début du XXe
siècle, sur l'imitation de la Visite de la sainte Famille, dans une petite
urne ou coffret, dans chaque famille, et ce depuis que Léon XIII institua la
fête de la Sainte Famile67. La Visite au Domicile de la
Vierge Miraculeuse s'organise en groupes. Chaque groupe comprend 30 familles,
qui reçoivent chacune un jour du mois la chapelle de la Vierge. Un
responsable (appelé zélateurs ou zélatrices) Les zélatrices ou zélateurs
préservent l'ordre et l'animation de chacun des chœurs. Dans de nombreux
lieux, il existe une chapelle avec la Vierge infirmière, qui reste
dans les maisons où se trouvent des personnes sérieusement malades. La Visite au Domicile est un
moyen efficace d'évangéliser les maisons - C'est un signe visible de la
vie chrétienne en famille pour ceux qui visitent la maison. La présence de la Vierge Marie,
comme lorsqu'elle porta la joie messianique à la maison d'Elisabeth
(Lc 1,39-56) est toujours évangélisatrice, annonciatrice de Bonne Nouvelle. Au
moyen de la Visite au Domicile, la Mère continue à visiter, rassembler,
annoncer simplement la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ, son Fils, invitant à
vivre une authentique vie chrétienne. De quelle manière les membres
de l'Association peuvent promouvoir aujourd'hui la Visite au Domicile pour
qu'elle soit un moyen efficace d'évangélisation : a) Au moyen d'un engagement
de chacun ou chacune des responsables de la visite. Ce sont eux, par leur
proximité des familles, avec leur attention spéciale à chacun des membres,
qui peuvent favoriser l'accueil de la Visite au Domicile comme clef
d'évangélisation. Les zélateurs et les zélatrices sont aussi la référence
d'identification chrétienne et ecclésiale pour les familles qui reçoivent la
Visite de la Vierge. Il est difficile de calculer tout le bien qui peut se
faire dans les familles, au moyen du dialogue personnel en tête-à-tête,
lorsqu'ils savent écouter et recevoir. b) Au moyen des réunions de
familles. Les familles du même chœur où les familles voisines qui reçoivent
la Visite de la Vierge se réunissent périodiquement pour réfléchir ensemble,
pour lire la Parole de Dieu, pour prier, créant ainsi de véritables familles.
De ces cénacles, communautés familiales ou petites assemblées, on peut
espérer beaucoup quant à la nouvelle évangélisation. Ces réunions familiales,
l'accueil et l'attention personnelle de chaque responsable à chacune des
familles qui reçoit la Visite au Domicile, l'écoute de ses besoins et
espérances, pour les partager, peuvent contribuer énormément à accroître la
valeur évangélique de la visite de la Vierge. c) Avec un renouvellement des
termes et des pratiques qui semblent plus appropriées des époques passées, se
dessine la valeur évangélisatrice de la Visite au Domicile. Je me réfère
spécialement aux termes de zélateurs et zélatrices. Ces termes au
moins dans la langue espagnole ont des résonances pénitentiaires. Ce sont des
termes peu en accord avec une ecclésiologie de communion. Il serait
préférable de parler de coordinateur, relais, messager…Le fait d'écrire
dans chaque urne ou chapelle les coordonnées complètes des familles
jusqu'au numéro de téléphone fit que certaines familles se retirent car elles
ne veulent pas se voir exposées à voir ces données utilisées par des
personnes sans scrupules; c'est une pratique à revoir. La mentalité de
certains membres de l'Association qui comptent le succès de la Visite de la
Vierge Miraculeuse aux familles dans la récolte d'offrandes en y centrant
leurs efforts, me paraît un autre aspect a dépasser et corriger. La mission d'évangélisateurs
de la famille ne s'épuise pas dans la pratique fidèle de la Visite au
Domicile par les membres de l'Association de la Vierge de la Médaille
Miraculeuse. La mission de l'Association de
la Médaille Miraculeuse est énorme dans la pastorale familiale. Les
associés sont habituellement membres d'une famille et c'est en premier lieu
dans leur famille qu'ils désirent faire fleurir les valeurs de l'Eglise
domestique ; il s'agit de faire fleurir son propre terrain et de la cultiver.
Et à travers eux, dans les familles qui reçoivent la visite de la Vierge ou
qui se mettent en lien avec l'Association. 7.- Etre des témoins
d'espérance Nous, les disciples du Christ
Jésus nous ne pouvons nous résigner devant les situations de pauvreté ou
d'injustice ni s'habituer à elles, ou encore moins les justifier avec des
attitudes fatalistes ( "le monde est ainsi…"). Il nous
revient d'être des instruments d'espérance : promouvoir la vie, la dignité
des personnes, travailler à se surpasser, ouvrir de nouveaux chemins de justice
et de fraternité. Il est vrai que
l'extraordinaire développement scientifique et technique de la dernière
décennie n'a pas permis d'éradiquer la pauvreté, qui est un toujours "un
fantôme aux milles visages". Il est vrai que l'injustice, la violence, l'insécurité,
le terrorisme, les inégalités continuent d'interroger notre développement et
notre civilisation. Mais les disciples de Jésus ne peuvent se taire,
ils ne peuvent enfermer la Bonne Nouvelle, nous ne pouvons pas ne pas rendre
crédible l'Evangile par les œuvres concrètes, avec des signes éloquents de
l'amour qui ouvrent une solidarité nouvelle. Les paroles et les gestes
sauveurs de Jésus suscitent l'espérance parmi les pauvres et la affligés qui
accourent à Lui. Après avoir réalisé divers signes en faveur des marginaux,
Jésus répond aux envoyés de Jean-Baptiste : "Allez et rapportez à
Jean ce que vous voyez et entendez" (Mt 11, 4-6). Comme disciples de
Christ Jésus, nous sommes aussi appelés à être instruments d'espérance. Le témoignage de la charité
manifeste les signes du Royaume de Dieu dans le monde : " allez annoncer
le Royaume, les chrétiens nous devons le faire réalité entre nous et avec
tous les hommes, spécialement avec les plus pauvres et les nécessiteux, de
sorte que soient manifestés les signes réels de la présence de l'amour et des
dons de Dieu invitant à croire, incitation à l'espérance, anticipation de la
paix et de la fidélité éternelle que Dieu a préparé pour tous"70. Les manifestations de la Vierge
Marie à sainte Catherine ont eu lieu dans des moments difficiles de
l'histoire de France. Le message que Marie répète : "Ne craignez pas… Dites-leur
qu'ils n'aient pas peur…". La Vierge de la Médaille
Miraculeuse est la Femme de l'Apocalypse, la Mère qui gagne, le signe clair
de l'espérance qui ne déçoit pas. Peu de temps après les
apparitions, l'archevêque de Paris, Monseigneur De Quelen, voyant les fruits
de la diffusion de la Médaille, n'eut pas de difficulté à reconnaître qu'il
s'agissait d'un signe offert pour raviver la foi. Il signalait une étape
nouvelle dans l'Eglise et dans le monde qui s'ouvrait avec les apparitions de
la Vierge de la Médaille Miraculeuse. « Marchons avec espérance ! «
c’est l’invitation du Pape Jean-Paul II au commencement de ce nouveau
millénaire. Et faisons notre l’invitation du Seigneur au Père, et reprise par
toute l’Eglise : « Avance au large ! 71» Les membres de l'Association de
la Médaille Miraculeuse ont écouté très souvent le récit de sainte Catherine
Labouré sur les manifestations de Marie : " Avec un globe entre les
mains qui représente le monde… les mains à hauteur de la taille, dans une
attitude naturelle, ses yeux tournés vers le ciel…". Le monde est une
œuvre bonne sortie des mains de Dieu; dans ce monde nous sommes appelés à
travailler à faire advenir le projet de Dieu. Marchons dans l’espérance !
L'apostolat de l'Association de
la Médaille Miraculeuse est suggéré dans les Statuts lorsqu'ils proposent
d'être un mémorial vivant et perpétuel de l'Immaculée Vierge. Il semble nécessaire que les Statuts
décrivent plus explicitement le contenu apostolique de l'Association. J'ai
suggéré dans ces pages une formulation qui puisse servir au dialogue et
atteindre un accord au niveau international. De cette façon, l'Association
de la Médaille Miraculeuse manifestera plus profondément son identité
propre et spécifique dans la Famille Vincentienne et son unité dans la
diversité des continents pays et cultures.
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