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Accompagner les laïcs
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P. Benjamín Romo, C.M. |
Il y a plus de vingt ans le Pape Paul VI disait: « Dans le christianisme populaire, le nom de Sainte Catherine Labouré est associée à la Médaille Miraculeuse, et l'histoire ne peut oublier que Sœur Labouré contribua de manière spéciale à ce grand courrant de piété mariale. C'est pourquoi nous encourageons vivement la Compagnie des Filles de la Charité, et la Congrégation de la Mission à continuer de faire fructifier ce précieux héritage qui est aussi celui de Saint Vincent" Nous voulons aujourd’hui reprendre cette exhortation pour continuer à transmettre aux nouvelles générations de chrétiens la piété mariale qui conduisit tant d’hommes et de femmes de foi à vivre, à l’exemple de Marie, une vie donnée à la cause de Jésus-Christ et de son évangile. Frères et sœurs, membres de la Famille Vincentienne, notre mission aujourd’hui est de partager avec les laïcs cette richesse mariale et vincentienne que nous avons. La plu part d’entre vous est déjà engagée dans cette tâche. Beaucoup d’entre vous sont venus parce qu’ils veulent commencer la route qui les conduira à fonder l’Association de la Médaille Miraculeuse dans leurs pays. Aujourd’hui nous nous arrêtons pour réfléchir ensemble sur le rôle et les tâches du Père, de la Sœur et des Laïcs responsables qui accompagnent la formation et l’apostolat des membres de l’Association. Il nous est difficile, en raison du temps, d’embrasser tout ce que nous pourrions dire sur le thème. Je vais insister sur les points suivants : · Cinq constatations I. CINQ CONSTATATIONS 1.L ‘AMM est une Association de fidèles dans l’Eglise Ses membres sont des laïcs. Les Statuts Internationaux disent : « C’est à elle qu’appartiennent les fidèles laïcs ». Compter sur cette affirmation nous aide à situer notre espace et notre champ d’action. Elle naît dans l’Eglise, chemine avec l’Eglise et sert à la construction du Royaume à partir de l’Eglise. L’accompagnateur sera la personne qui, par son service, aidera les membres à vivre cette dimension et à atteindre la finalité de l’Association. L’Association à l’intérieur de l’Eglise, « Peuple de Dieu », chemine avec elle et s’engage à partir de son charisme mariano-vincentien dans sa mission d’évangélisation. 2. L’AMM est une Association qui a une spiritualité et un apostolat. La spiritualité de l’AMM est avant tout évangélique, centrée sur la personne et la Parole de Jésus. La personne de Marie est la clé de l’expérience de vie de l’Association. Le message de la Vierge à Ste. Catherine Labouré inspire et motive son apostolat d’évangelisation. En raison de ses origines, elle trouve son inspiration dans la spiritualité et le charisme vincentien. Les membres ont un apostolat propre : le service d’évangélisation des pauvres et des familles, spécialement à travers la visite à domicile et la charité pratique, en contact direct avec les pauvres. 3. C’est une Association Mariale Elle est née influencée par les apparitions de la Vierge à Sainte Catherine Labouré. La spiritualité est centrée sur l’évangile et prend en compte la mariologie qui surgit des passages de l’évangile où Marie nous est présentée comme la femme qui vit radicalement le « suivre Jesus-Christ » Le message de la Vierge à Ste. Catherine est toujours actuel aujourd’hui par l’Association. Dieu, en se servant des humbles et des pauvres, accorda à sa Mère le titre de « Miraculeuse », à cause des innombrables faveurs accordées. Les pauvres découvrent dans la Médaille les signes du salut de Dieu. On a même appelé la Médaille « le catéchisme des pauvres ». Ceci est certain puisqu’elle permet à ceux qui ne savent ni lire ni écrire, de visualiser, à travers le signe, des aspects importants de la Bonne Nouvelle du salut. Le message de Marie est une des preuves les plus belles de la tendresse
de Dieu à l’égard des pauvres et des simples.Le langage
de la Médaille, parlé ou par signes, fut rapidement compris
par le peuple humble. Pour diverses raisons, ses origines, sa direction ou accompagnement, les membres de l’AMM participent au charisme vincentien dans l’Eglise. La spiritualité vincentienne fait partie de l’expérience spirituelle de ses membres.Le vécu de ses vertus fondamentales (simplicité, humilité, charité pratique et effective) font partie intégrante du style propre de l’Association, comme le service et l’évangélisation des pauvres sont partie intégrante de leur apostolat. 5.Un appel à se renouveller. Les évènements écclésiaux des dernières années, le réveil du laïcat dans l’Eglise, et la prise de conscience plus grande de sa mission dans cette même Eglise et dans le monde, le surgissement des associations vincentiennes, la conscience qu’aujourd’hui il existe une famille vincentienne, la révision et l’approbation par le Saint Siège des Statuts Internationnaux de l’Association, sont quelques uns des événements qui conduisent l’Association à prendre un chemin de renouvellement et d’organisation. Tout ceci nous amène à chercher des chemins qui conduisent le laïcat à être des personnes solidement formées, avec une connaissance claire de leur charisme (spiritualité et apostolat). Pendant cette rencontre nous voulons faire la lumière sur la spiritualité, la formation et l’apostolat de l’Association. Nous cherchons ensemble une nouvelle image de l’AMM pour le nouveau millénaire. II. QUEL MODELE D’ACCOMPAGNATEUR Dans ce modèle d’accompagnement, on ne favorise pas le dialogue, ni la participation, ni la responsabilité personnelle.L’on impose le rôle du directeur.L’on ne donne pas une programmation, suivie d ‘execution et d’évaluation des actions. On ne valorise pas les expériences du groupe. On ne suit pas une méthode. Et on ne respecte pas le cheminement des personnes et des groupes. Ce qui prévaut, c’est la passivité des laïcs. On ne réfléchit pas. On ne suscite et on ne forme pas,non plus, la conscience critique. La formation qui est reçue est aussi directive et ne favorise pas la participation à l’autoformation. Quelques unes des conséquences sont le paternalisme et la dépersonalisation des laïcs. On tombe dans l’autoritarisme, dans la passivité, dans la dépendance, en favorisant, pour terminer,l’individualisme.Le groupe ne s’enrichit pas parce qu’il ne partage pas. La responsabilité personnelle ou collective, de la part des laïcs, devient difficile. 2.Modèle libérateur. Le deuxième modèle est, comme son nom l’indique, un service libérateur et de responsabilité. Dans ce modèle, l’Eglise est conçue et vécue comme « Peuple de Dieu », caractérisée par la communion et la participation ; l’on met l’accent sur les charisme des personnes et des groupes ; le point de départ est l’égalité de tous les membres de l’Eglise avec des tâches différentes.Il existe une conscience forte de la vocation et de la mission de chacun dans le service. On favorise le dialogue et le discernement de l’Esprit. Tous se reconnaissent en route et à l’intérieur d’un processus de conversion continuelle. D’un autre côté, les attitudes de l’accompagnateur sont l’humilité, la disponibilité, l’écoute et aussi, la conscience de ses propres limites. Les laïcs sont traités avec respect. Ils sont aussi valorisés.On reconnaît les charismes des laïcs et l’on favorise la réponse personnelle à l’appel de Dieu. Le laïc contribue au bien du Corps Mystique qu’est l’Eglise avec ses talents, ses idées, sa capacité à aimer et à servir. On voit en eux des personnes adultes, libres et responsables de leur propre vocation et de leur réponse. 3. Vincent de Paul, un modèle d’accompagnateur libérateur.Saint Vincent se présente comme l’animateur empressé qui donne une impulsion au dévouement des laïcs et veille sur la préservation de l’esprit d’origine. C’est surtout avec les groupes des Dames de la Charité, aujourd’hui l’AIC, sa première fondation, avec que s’exerce ce service. C’est un animateur qui, sans se mêler d’organisation ou d’éxécution des travaux propres à l’association, influe, évalue, réveille, frène, accélère, mais jamais par le chemin de l’autorité hiérarchique ni de la recherche dominatrice ou de son propre prestige, mais à partir du service patient et humble. L’accompagnement selon Saint Vincent a une double direction. Il part de lui vers les laïcs, et d’eux, vers les pauvres. C’est la personne qui anime, planifie, conséille, assiste et aide, sans étouffer la créativité de ces mêmes laïcs. Et, d’un autre côté, il vit ouvert aux léçons que Dieu lui envoit à travers ces mêmes laïcs. Il les écoute, les intérroge, les fait participer et sortir d’eux-mêmes le meilleur de ce qu’ils portent en eux. Nous savons comment la spiritualité même du Saint a dû se transformer, à partir de l’écoute dans la foi des laïcs que le Seigneur mit sur son chemin. C’est le chemin que l’on parcourt de l’accompagnateur au laïc, et du laïc, au conseiller. Vincent de Paul fut ce modèle d ‘accompagnateur des mouvements laïcs de son temps qui parvint à rompre les barrières et à établir, surtout, un chemin de sainteté pour les laïcs en partant de leur consécration baptismale. III.QUALITES ET ATTITUDES DANS L’ACCOMPAGNEMENT Nous n’avons pas le monopole de l’accompagnement des groupes de laïcs vincentiens, ni de l’Association de la Médaille Miraculeuse. Cependant, sans être les seuls, nous avons besoin d’être attentifs à cultiver certaines dispositions qui favoriseront un accompagnement qui fera grandir chez les laïcs leur liberté, leur responsabilité et leur engagement de foi. Je me permets d’en signaler quelques unes : 1. Attitude de serviteur humble et simple. Nous ne sommes pas les « maîtres » de l’Association ; nous avons été appelés à servir les laïcs et à les aider à découvrir leur vocation et leur mission dans l’Eglise. 2. Oraison et discernement. Des hommes et des femmes d’oraison et de discernement qui, ensemble, avec les laïcs, vivent leur foi et cherchent des chemins pour répondre aux appels de Dieu. 3. Des attitudes de propositions face aux laïcs. Cette attitude est à la base puisque nous ne sommes pas maîtres de la vérité absolue. L’on gagne beaucoup plus lorsque nous cheminons ayant des attitudes de liberté et de responsabilité, aidant les autres de nos propositions, suggéstions, rarement avec des ordres… 4. Travailler en équipe. Savoir collaborer, distribuer les tâches, éviter les protagonismes, partager les responsabilités… c’est fondamental. 5. Connaissance de l’Association Il est fondamental que les accompagnateurs connaissent à fond l’Association : son histoire, ses difficultés, sa mystique, son dynamisme interne, ses limites, ses possibilités, son identité, son esprit.Son expérience personnelle du travail pastoral parmi les pauvres,est importante, aussi, parce qu’il leur donne une connaissance vivante de leurs souffrances et manques, et donc il leur donne aussi la sensibilité nécessaire pour orienter les groupes vers une authentique dévotion à Marie et à l’apostolat parmi les pauvres. IV.RÖLES DE L’ACCOMPAGNATEUR/TRICE EN AMM Les tâches de l’accompagnateur à l’intérieur des groupes de l’AMM sont nombreuses et variées, les unes éminantes, les autres peut-être moins.Elles dépendent des circonstances et des réalités concrétes des groupes eux-mêmes. Cependant, il y en a qui sont fondamentales. Voici celles que je retiens comme les plus importantes : 1. Offrir une formation aux frères. C’est une des principales tâches, surtout au plan de la spiritualité vincentienne et mariale. Vous avez entre vos mains le pouvoir d’offrir aux groupes des programmes concrets de formation orientés vers le soutien de la spiritualité propre de l’Association. Offrez des instruments de formation de manière que les laïcs de l’Association soient des solides évangelisateurs et missionnaires parmi leurs frères. Sur ce terrain, l’accompagnateur s’efforcera d’offir des éléments de formation qui permettent aux laïcs d’être des protagonistes responsables de leur propre Association. Le Pape dit : »on ne donne pas une formation véritable et efficace si chacun n’assume pas et ne developpe pas par lui-même la responsabilité de la formation… On ne doit pas négliger la conviction que chacun de nous est le terme et en même temps le principe de la formation » Ceci signifie que les membres de l’AMM ont un rôle très actif dans leur propre formation, évitant ainsi le danger de tomber dans la dépendance du prêtre ou de la sœur. Il est très important d’organiser des projets du formation à court, moyen et long terme, de même que des projets de formation pour les nouveaux groupes. 2. Montrer aux frères le chemin de l’oraison Les laics cherchent aujourd’hui la transcendance, la rencontre avec le Seigneur. Priez donc avec les laïcs de manière simple et concréte. Priez avec eux en partant de la Parole de Dieu et des événements de la vie elle-même.Priez comme Marie, avec toute la simplîcité et l’ouvertur de cœur à la volonté de Dieu. « Vivre et prier, comme Marie, simplement et humblement, assumant la spiritualité du Magnificat » Approfondissez la spiritualité mariale et présentezMarie comme modèle d’oraison. Aidez les membres de l’Association à découvrir l’amour de Jésus envers le Père et envers les pauvres. Amenez les laïcs à l’écoute de la Parole de Dieu en la mettant en pratique, comme le fit Marie, la mère de Jésus. Aidez-les à se baser toujours sur l’évangile et ses maximes ; c’est une doctrine sûre qui conduira à découvrir le sens de leurs vies. Enseignez aux laïcs non seulement à prier, mais encore à préparer leurs propres moments d’oraison. Finalement, montrez le chemin de leur propre spiritualité avec les éléments fondamentaux pour vivre leur foi dans l’Eglise en partant de leur charisme propre. 3.Offrir une spiritualité propre pour le laïc vincentien aujourd’hui L’évangile est le même et a valeur pour tout croyant qui veut suivre Jésus. Cependant, les réponses et les expressions de l’engagement sont en rapport avec la condition propre à partir de laquelle on répond. La spiritualité chrétienne du laïc contient ses expressions concrètes et demande à être adaptée au monde et à l’aujourd’hui du laïc, immergé dans une situation politique, économique, sociale et familiale très concréte ; très différente même de la condition du prêtre, de la personne consacrée ou de la religieuse. Ainsi donc,, la spiritualité vincentienne s’incarne chez des personnes qui ont une condition de vie déterminée, en une situation historique bien souvent en conflitet en tension, en une réalité culturelle si souvent distincte de la notre. Dans ce sens, la mission de l’accompagnateur/trice sera toujours d’orienter, respecter et laisser l’Esprit Saint susciter les réponses et manifester les chemins nouveaux de l’engagement chrétien vincentien des laïcs. C’est pourquoi, cherchez les manières adaptées pour que les laïcs aient accès à la littérature spirituelle mariale et vincentienne à laquelle nous avons déjà accès, les aidant à pratiquer le discernement de l’Esprit. Eux aussi ont le droit de s’intérroger et de chercher des réponses à cette question : Que signifie pour moi, laïc de l’Association, vivre aujourd’hui la simplicité, l’humilité, la charité pratique envers les pauvres ? 4.Offrir un accompagnement libérateur Nous avons été appelés en Eglise à vivre la liberté des fils de Dieu. « La Vérité (Christ) vous rendra libres » Celle-ci est un don de Dieu, mais c’est aussi une conquête humaine. Sur le chemin de la vie nous rencontrons des personnes qui, avec leur expérience de foi, et surtout, avec leur témoignage, nous montrent le chemin de la liberté intérieure en Christ Jésus.Montrer le chemin de la liberté en Christ fait aussi partie de notre mission face aux laïcs. A partir de l’Ecclesiologie du « Peuple de Dieu » de Vatican II, on peut démarrer un accompagnement des laïcs dans la dimension libératrice.Nous sommes tous égaux malgré nos tâches différentes ; nous sommes tous Eglise, et en elle, nous sommes tous appelés à servir ; une Eglise qui vit en cohérence les paroles de Jésus : « Nous sommes tous des frères » L’accompagnateur regarde les laïcs comme des personnes adultes, et les conduit à vivre dans cet état de liberté et de responsabilité. L’accompagnement libérateur privilégie la personne et cherche à la rendre sujet de son propre destin. L’accompagnateur est une personne qui « s’assoit à côté de ». Ce mot vient du latin « sedere – ad ». L’accompagnateur n’est pas un aumônier, ni non plus l’autorité hiérarchique qui est au-dessus des laïcs. L’accompagnateur est un évangélisateur parce qu’il montre le Chemin qui est Jésus et son évangile. C’est un frère, un ami qui s’assoit au côté de ses frères pour les accompagner et discerner ensemble avec eux la volonté de Dieu , pour que, une fois trouvée, ils la mettent en pratique solidairement. C’est la personne qui chemine, non pas devant, ni derrière, mais à côté des frères. C’est la personne consciente de ne pas posséder la vérité absolue et pleine, et se met en route pour la trouver, uni à ses frères. 5. Etre animateurs et accompagnateurs des personnes et des groupes Là est le mot qui peut-être exprime le mieux son rôle face aux laïcs. Animer c’est donner vie, impulser, chercher ensemble des chemins, donner dynamisme et créativité. C’est aider à grandir et à se développer. C’est encourager à garder une attitude de réflèxion et de recherche. Les accompagner, c’est se mettre en route avec eux. L ‘accompagnement suppose la connaissance théorique et pratique de l’Association. Il est important de connaître ses Statuts, ses Documents de formation et son organisation. En même temps, on demande une connaissance pratique des personnes, de l’Association concrétement, avec ses succès, ses projets et ses plans ; avec aussi ses rêves, son apostolat, son service des pauvres ; avec ses efforts pour évangeliser les familles les plus éloignées de la foi ; avec ses faiblesses, ses pauvretés et ses frustations. L’accompagnateur est la personne de l’espérance qui n’éteint pas la mèche qui fume encore, et ne casse pas le roseau qui plie déjà. Cest la personne pleine de Dieu qui sait maintenir la tension entre ce qui est la réalité et l’idéal auquel on aspire. D’un autre côté aussi, il est certain que seule une pratique évangélisatrice des pauvres donnera aux accompagnateurs la sensibilité nécessaire pour orienter les laïcs vers le chemin d’une réponse sérieuse à l’appel de Dieu. 6. Maintenir une attitude d’écoute et de dialogue Le premier service que nous prêtons à l’autre c’est celui de l’écoute. Il est impressionnant de découvrir Jésus qui en des nombreuses occasions, écoutait les gens, s’intéressait à eux les questionnant sur ce qu’il savait déjà : Que veux-tu que je fasse pour toi ? » C’est la première manière d’aimer l’autre. A travers des laïcs Dieu nous parle, comme Madame de Gondi, Madame de Goussaut parlèrent à Saint Vincent pour la fondation des Dames, comme Sainte Louise lui parla… Au long des années, sa propre vision spirituelle fut enrichie par l’influence des laïcs, de la part de beaucoup de personnes qui avaient reçu de lui-même l’orientation initiale. Savoir écouter n’est pas chose facile. Il faut maintenir un esprit ouvert, vivre le respect pour la personne, avoir envie d’apprendre et surtout, écouter Dieu lui-même qui nous parle à travers ceux qui nous entourent. Le premier service à l’égard du prochain c’est l’écoute. De même que l’amour de Dieu commence quand nous nous mettons à l’écoute de sa Parole, de même le début de l’amour pour les autres prend racine en apprenant à les écouter. 7. Impulser l’apostolat des AMM parmi les pauvres Le laïcat dans l’Association de la Medaille Miraculeuse est appelé à la sainteté, et le chemin vers ce but est tracé par l’union avec Dieu en Jésus-Christ, par l’intérmediaire de l’Esprit et par l’apostolat. L’expérience de la foi et de la suite de Jésus-Christ ne s’arrête pas en un acte de foi et de dévotion. Il va beaucoup plus loin, il se prolonge et se fait effectif par des actions concrètes et engagées qui cherchent à transformer le monde pour l’approcher de la réalité du Royaume de Dieu. Les laïcs sont appelés à la sainteté au milieu du monde. C’est à eux que nous pouvons appliquer les paroles du Synode : « L’Esprit nous amène à découvrir avec toujours plus de clarté qu’aujourd’hui la sainteté n’est possible sans un engagement au service de la justice et en solidarité avec les pauvres et les opprimés. Le modèle de sainteté des laïcs doit intégrer la dimension sociale de la transformation du monde selon le plan de Dieu » La tâche de l’accompagnateur des laïcs de l’Association doit aller jusqu’au point de les situer en contact direct avec le pauvre, à travers des pratiques apostoliques qui ont été et qui continuent à être caractéristiques de l’Association. La visite à domicile, la vulgarisation de la Medaille, les célébrations mariales, les visites aux malades dans les hôpitaux et dans leurs maisons, la présence de l’image de Marie dans les foyers de notre communauté paroissiale, specialement parmi les plus éloignés sont quelques unes des formes concrètes de son engagement de foi. Finalement, cherchez des moments de réflèxion et de prière pour qu’ ils puissent, eux aussi, apprendre à vivre l’expérience de « se laisser évangéliser par les pauvres ». La rencontre avec le pauvre finit par transformer et convertir radicalement le cœur de la personne. 8. Tâches concrètes des pères et sœurs. Permettez-moi, à la fin de ces réflèxions, de reccueillir quelques tâches concrétes et pratiques que nous ne pouvons pas oublier ou laisser de côté. · Animer les animateurs laïcs
Jésus est le centre de notre vie. Nous sommes appelés à tout apprendre de lui. C’est le modèle de la personne qui accompagne. Sa personne, sa proximité, ses relations, ses paroles, sa présence, sont pour nous le modèle et la force qui nous amenera à accomplir, avec amour, la belle et délicate tâche que lui-même a déposé entre nos mains. Un accompagnement effectif des groupes peut obtenir un changement radical dans le style de vie des laïcs et dans leur apostolat d’évangélisation et de charité. Traduction: Bernard García, C.M. |
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